‹ PoésieChapitre 77 sur 274 · Aux bords.. V. IV, 6 (note · texte numérisé non relu

Aux bords.. V. IV, 6 (note

ay. Une âme que j'ignore. 11 y aurait dans ce vers, d'après Lamartine, uno allusion « à rattachement sérieux que le poète avait conçTi pour une jpuno Anglaise qui fut depuis la conipajjnc de sa vie ». V. lalroduclion, p. xm

L'AUTOMNE ig

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ; A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux : 3o

Moi, je meurs ; et mon âme, au moment qu'elle expire, S'exhale comme un son triste et mélodieux.

3i. Aa moment que. Syntaxe classique. Cf. XXII, 17. — Expire : s'exhale. 3j. Comparer cette dernière strophe à la dernière strophe de l'Isolement: l'image est analogue, le sentiment d'une nuance très diUérenle.

C'est du Phêdon, l'un des chefs-d'œuvre de Platon, que Lamartine a tiré le sujet de ce poème. Phédon, ami et disciple de Socrate, y raconte les derniers moments de son maître. On sait qu'à l'âge de 70 ans, Socrate, viclime d'une accusation calomnieuse, fut condamné à mort comme coupable d'un double crime envers l'Etat : ses accusateurs lui reprochaient d'avoir introduit dans Athènes des divinités nouvelles et de corrompre la jeunesse. Les trente jours qu'il passa dans sa prison s'écoulèrent en entretiens familiers! avec ses amis. Le dernier jour, il leur parla, avec sa sérénité ordinaire, de l'immortalité de l'âme ; puis il but la ciguë et mourut.

La Mort de Socraio n'est pas une traduction. C'est à la fois ime réduction et une transposition du Phédon. Lamartine ne la donne luimême que comme un « fragment « : il a éliminé en particulier la majeure partie des développements métaphysiques du dialogue grec. En revanche, le poète français prête à Socrate une sorte de mysticisme chrétien, qui ne se rencontre naturellement pas dans l'original ; il en fait un précurseur du Christ : « Quoique ce morceau porte le nom de Socrate, dit l'Avertissement des éditeurs, on y sent cependant déjà une philosophie plus avancée, et comme un avant-goût du christianisme près d'éclore. » Le Socrate de Lamarline n'est ni le Socrate de l'histoire, ni le Socrate déjà modifié de la légende platonicienne ; t'est un Socrate modernisé, qui parle en docteur et en prophète, et dont la sagesse tend à se convertir en sainteté. On peut regretter qu'il ne soit pas demeuré plus proche de la simplicité du modèle antique. Le récit, chez Lamartine, est fait par un ami anonyme de Socrato,

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