LE RÉVEIL
Le soleil, se levant aux sommets de l'Hymette,
Du temple de Tiiésce illuminait le faîte,
Et, frappant de ses feux les murs du Parthénon,
Comme un furtif adieu, glissait dans la prison.
On voyait sur les mers une poupe dorée, 5
Au bruit des hymï»es saints, voguer vers le Pirée,
Et c'était ce vaisseau dont le fatal retour
Devait aux condamnés marquer leur dernier jour ;
Mais la loi défendait qu'on leur ùtàt la vie
Tant que le doux soleil éclairait l'Ionie, lo
De peur que ses rayons, aux vivants destinés,
Par des yeux sans regard ne fussent profanés,
Ou que le malheureux, en fermant sa paupièie,
N'eût à pleurer deux fois la vie et la lumière !
Ainsi l'homme exilé du champ de ses aïeux i5
Part avant que l'aurore ait éclairé les cieux.
1. Aux sommets. V. IV, 6 (note). — Hymelie, montagne de l'Atlique, au sud-est d'Athènes.
2. Le temple de Thésée ou Theseion, bâti au v» siècle av. J.-C. pour recevoir les restes du célèbre héros athénien, s'est admirablement conservé jusqu'à nos jours ; il est placé sur une éminence au nord-ouest de IWcropole.
3. Le Parthénon, consacré à la déesse Athèna, fut également construit au v« siècle, sur l'Acropole d'Athènes. Son nom signifie : temple de la Vierge. 11 resta à peu près intact jusqu'à la fin du xyu^ siècle; on n'en contemple plus aujourd'hui que les ruines.