‹ Poésie, en vers françaisChapitre 14 sur 45 · DE MA SŒUR PAULINE · texte numérisé non relu

DE MA SŒUR PAULINE

Pure, tu descendis dans la nuit de la mort!

Mon père, disais-tu, que l’aride vieillesse Dessèche avant le temps et brise ma jeunesse ! Que ce fer dans tes mains avance mon trépas!

La couche du tyran ne me recevra pas!

Frappe et tue, Ô mon pèrel et que Rome asservie Retrouve dans mon sang la vigueur et la vie!

O filie généreuse, un jour plus radieux

Que nos jours a reçu tes suprêmes adieux ;

Et cependant heureuse est ton ombre, 6 vestale, En voyant ce tombeau que la terre natale, Mère au long souvenir, aux stoïques douleurs, Fleurit de ses regrets, honore de ses pleurs! Autour de ta dépouille, à belle et noble fille, Des fils de Romulus s’ameute la famille :

Les cœurs à ton aspect s’embrasent de fureur ; Le tyran porte au loin sa fuite et sa terreur ; La liberté dans Rome ouvre l’ère des gloires, ‘Et le fier Mars latin remplit de ses victoires L'univers, et du sud torride au nord brumeux, Sur le monde dompté campe victorieux!

Lucrèce plébéienne, ainsi Rome plongée

Dans un honteux repos se réveille à ta voix, Et, par ta mort sauvée une seconde fois, Ressuscite et grandit, vengeresse et vengée !

SE

Page 1