‹ Poésie, en vers françaisChapitre 15 sur 45 · A UN VAINQUEUR · texte numérisé non relu

A UN VAINQUEUR

PPRENDS, jeune homme, apprends à connaitre la gloire! De son divin visage et de sa noble voix Em lis tes veux, emplis ton âme et ta mémoire! Donne-lui tout ton cœur et sans retour, et vois Par toi-même, Ô lutteur! combien l'audace active De la vertu vaut mieux qu’une jeunesse oisive. À l’œuvre! loin de toi d’efféminés loisirs !

A l’œuvre! et si tu veux ravir comme une proie La gloire, et du vainqueur connaitre un jour la joie, Tiens ton âme au niveau des plus altiers désirs !

La foule à pas fiévreux vers l’arène s’élance;

Sa clameur ty convie aux luttes d'autrefois.

Patrie et peuple ont foi dans ta jeune vaillance : Renouvelle à leurs yeux les antiques exploits !

Ils n’ont pas teint leurs bras dans le sang des barbares A Marathon, ceux qui, de leur fatigue avares, Contemplaient froidement, stupides spectateurs,

Les jeux de la palestre aux athlètes lutteurs ; : Ceux que n’enflammait pas d'une ardeur belliqueuse Dans les champs éléens la palme glorieuse ;

Mais il avait lavé dans l’Alphée au flot clair

De ses chevaux vainqueurs la poudreuse crinière, Celui qui, d’un bras fort, et plus prompt que l'éclair, A planté le premier l’épée et la bannière

Des Grecs au plus épais des épais bataillons

Du Mède fugitif, et semant les sillons

Et les mers de ses morts — fuite et déroute immense Dont l’Euphrate a gémi jusqu’en ses profondeurs :

Le désespoir succède à l’altière démence,

Et la Grèce éblouit le monde à ses splendeurs !

Dira-t-on insensé celui-là qui ravive

Sous la cendre des temps et des cœurs oublieux

Les antiques ardeurs de la vertu native

Et les grands souvenirs légués par les aïeux ?

Des jeux !.. Et pourquoi non? Des cirques et des fêtes !.. Eh ! qu'importe! Depuis qu’Apollon sur nos têtes Dans l’arène du ciel roule son char de feu,

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