SUR UN BAS-RELIEF D’UNE TOMBE ANTIQUE
Où l’homme, au bout des jours, en voit l'inanité
Aux lugubres éclairs de la réalité,
O stupeur !.…. Pour l’esprit qui pèse et scrute, et sonde. Pour le stoïque esprit, sortir ainsi du monde
Peut sembler du destin une insigne faveur ;
La pitié cependant, une pitié profonde
Nous pénètre et gémit dans le plus ferme cœur.
Toi, de tout ce qui vit maïtresse inexorable, Dans tes lois, dans tes fins, nature impénétrable, Monstre mystérieux que je ne puis louer,
O mère qui produis et nourris pour tuer,
Si la mort est un mal pour l’âme adolescente, Pourquoi donc en frapper une tête innocente !
Si c’est un bien, pourquoi, marûtre sans pudeur, Fais-tu de ce départ notre pire douleur,
Une heure inconsolable, également funeste
A celui qui s’en va comme à celui qui reste !
Oui ! de quelque côté que plonge le regard,
Le malheur est partout, le banheur nulle part.
O nature, il t’a plu de flétrir l’espérance
Même dans la jeunesse !.… Elle est pleine de deuils Cette mer de la vie aux flots semés d’écueils.
La mort est de nos maux l’unique délivrance ;
Elle est la loi, le but, l’inévitable port
Du sombre et dur voyage imposé par le sort :
Après l’âpre tourmente et la course achevée,
Que ne fais-tu pour nous moins triste l’arrivée !