RACE
XXXVI INTRODUCTION
mort les a arrachés l'un à l'autre, mais leurs noms restent étroitement unis dans la mémoire reconnaissante du lecteur. Leopardi avait connu Ranieri à son premier voyage à Florence, en 1827. Feune, ardent, enthousiaste, Ranieri se prit tout de suite pour ce génie malheureux d'une profonde et tendre sympôthie, mélange de sollicitude et d'admiration. L'amitié est vite une passion dans les belles mes, et le noble Ranieri en est une preuve touchante. Après quelques absences motivées par ses courses de curieux érudit à travers l'Europe, en France, en Angleterre, en Allemagne, il revint à Florence et y retrouva Leopardi, de retour lui-même, on l'a vu, de « son amer exil » de Rome. Les médecins, désespérant de la santé du poète, lui conseïllaient, comme ressource suprême, le climat de Naples. Ranieri résolut de le sauver. Il le détermina à le suivre à Naples, s'installa avec lui dans une petite maison sur la colline de Capodimonte, associa à son œuvre de dévouement sa propre sœur, Paolina Ranieri, fut le compagnon journalier de sa vie, son garde-malade, en un mot, se riva à son existence durant quatre années et ne se sépara de lui qu'après lui avoir fermé les yeux. Il fit plus : après avoir veillé sur la vie, il veilla sur la mémoire de Leopardi : on lui doit une biographie du poète et l'édition définitive de ses œuvres, prose et vers (Florence 1845).
Et maintenant passons la plume à Ranieri, au biographe intime et fraternel, et qu'il nous dise lui-même les dernières années et les derniers moments de son immortel ami :
La nouveauté et l’exquise salubrité de l'air, la société affectueuse de quelques personnes du pays, les visites continuelles des savants étrangers qui affluaient à Naples; ce nouveau genre de vie'au grand air et ces libres allures qui étaient tout à fait en