VI INTRODUCTION
maie : voilà tout ce que nous apprenons en tournant dans le cercle vicieux où nous engage le rapport oiseux des termes folie et génie. Une constatation de ce genre implique toutes les opinions et ne milite en faveur d'aucune ; plus exactement, elle les supprime toutes en tant que révélations pour la connaissance. En d'autres termes, elle crée dans la discussion une situation comparable à l'état désigné dans les sciences physiques sous le nom d'équilibre indifférent, et qui se traduit par de telles conditions de stabilité qu'un corps suspendu demeure stationnaire quel que soit le sens dans lequel on le dispose.
Ce n'est pas à dire que les rapports du pathologique et du surnormal soient à négliger. Nous chercherons au contraire à les élargir. Mais nous serons d'autant plus à l'aise en cette besogne que nous refuserons formellement de découvrir, dans un rapprochement pareil, autre chose qu'un ensemble de constatations d'ordre analytique, fort intéressantes d'ailleurs, mais nullement exploitables en vue d'une synthèse.
Par un travail de démembrement, nous trouverons, entre les deux termes opposés du génie et de l'aliénation, les éléments d'une réduction en facteurs communs, et nous ne ferons que vérifier par là des lois essentielles et incontestées, au point de vue général de la biologie. Au moral tout comme au physique, les lois, en effet, sont les mêmes fondamentalement pour la santé et la maladie. La maladie n'est rien autre chose qu'une exagération ou une diminution de certains phénomènes qui appartiennent foncièrement à l'état de santé, et l'on serait fort étonné sans doute si l'on pouvait définir avec clairvoyance combien il faut peu de chose à notre nature pour constituer avec les mêmes éléments des touts complètement distincts. Montrer suivant quelles formules peuvent s'opérer ces mélanges, établir par quelle subordination peuvent se grouper et s'inlluencer les états les plus divers de l'activité psychique, voilà qui ne pré-