INTRODUCTION VII
juge de rien; car en admettant même qu'un essai de réduction de plus en plus poussé conduise le chercheur aux primes éléments partout identiques de la vie de l'esprit, aucune déduction ne pourrait en sortir, concernant le droit d'identifier les complexités qu'on aurait démembrées.
Réduire deux termes en leurs éléments communs, ce n'est pas aflirmer leur identité de nature : voilà ce que nous ne cesserons de mettre en évidence comme un principe souvent méconnu encore que fondamental. (Test pour l'avoir négligé que nombre de théoriciens ont développé avec enthousiasme les paradoxes les plus étranges, alors que d'autres ont soutenu avec véhémence la cause de vérités parfaitement banales dont personne n'a jamais douté. Laissant de côté l'inutile discussion d'une thèse dont le principe même nous paraît oiseux, nous pourrons chercher des rapports nouveaux en nous tenant sur un terrain neutre, et la poésie que nous prenons pour sujet d'études n'v saurait rien perdre de son charme et de sa dignité.
A cette question une autre vient s'annexer, non moins épineuse d'ailleurs en raison des intérêts plus individuels qu'elle peut mettre en jeu. Nous voulons parler des droits de la science psychiatrique à juger les œuvres de littérature.
La critique est de l'art, dit M. Brunetière, et « non pas de la science ou de l'application de la science ». C'est être bien exclusif que d'enfermer le jugement littéraire dans un tabernacle dont les accès doivent être interdits aux regards indiscrets des médecins et des psyfchologues. Sans doute on peut avancer que le génie est tout de personnalité, et que par suite il ne peut exister une formule^du génie de même qu'il ne peut y avoir une Épie n ce de l'accidentel. Mais il faut ajouter qu'en chacune des combinaisons fortuites dont le génie devient