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III. LA FOLIE

En quittant le terrain de la simple névropathie pour celui de la folie proprement dite, nous pénétrons dans un domaine beaucoup plus restreint au point de vue spécial qui nous intéresse. Si les névropathes ont rempli la littérature de leurs productions bizarres, mais souvent heureuses et parfois géniales, les poètes qui furent aliénés dans toute l'acception du terme ont été pour la plupart terrassés par la maladie et frappés d'une stérilité rapidement complète. C'est dire que l'alliage du supranormal au pathologique est ici moins inextricable et en quelque façon plus grossier et plus susceptible de dissociation.

L'Italie eut dans Torquato Tasso un de ses plus illustres poètes. Mais l'auteur de la Jérusalem délivrée fut atteint à la fleur de l'âge d'une psychose dont les manifestations devaient se poursuivre jusqu'à sa mort, et il n'est plus question aujourd'hui de la fameuse légende d'après laquelle il aurait été

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