‹ Poésie et poètesChapitre 11 sur 36 · Alvarès û\t · texte numérisé non relu

Alvarès û\t

l'Histoire. C'est bien assez que d'avoir à raconter les désordres du Génie, quand il commet des fautes et qu'il est désordonné, sans, de plus, se charger de dire les vices et les excès d'un homme de talent qui abusa de ses facultés, et dont le talent même ressemblait à la rage d'une maladie de débauche. A part encore la moralité, qui tient pourtant plus à l'intelligence que ne le croient des penseurs vulgaires, il faudrait que, dans un intérêt d'un autre ordre, Charles Monselet s'essuyât des marques laissées sur lui et sur la naïveté de son talent par ce siècle dans lequel il a cherché ses modèles, et avec lequel il a trop intimement vécu. Son avenir littéraire est à ce prix.

Théodore de Banville est le poète du rhythme. Il est le dernier venu dans cette école qui a relevé l'enclume de la Renaissance pour y battre le métal de ses vers et en faire des feuilles d'un or léger. Théodore de Banville a résumé et concentré en lui le talent extérieur de ses devanciers et de ses maîtres. SeS^ariatides et ses Stalactites disent suffisamment par leur titre seul quelle inspiration matérielle est la sienne. Il a beau raffiner et, comme ils le prétendent, spiritualiser la matière, c'est un matérialiste au premier chef. Ses Odelettes (2), le dernier de ses ouvrages, doivent être considérées comme l'expression définitive et sans projfrf's iilt»'riouremenl possible de sa manière. C'est l'i-

\. Odelettes; Pot'sies comptHes {Pays, Î2 novembre 1836; I" novembre 1857). V. Les ÔEuvres et tes Hommes. Po'Hes, {'* et 2»* séries.

Page 1