‹ Poésie latineChapitre 34 sur 82 · Adque = atque ; cf. 20, 8, comment · texte numérisé non relu

Adque = atque ; cf. 20, 8, comment

3. — Diploma circavi] Diplomacircavi, en un seul mot, Wilmanns ; mais il ne cite aucun exemple de cet étrange composé, et il reconnaît, que sur le marbre, les deux mots sont séparés. Il est probable qu'il y a ici deux fautes de quantité : non seulement la seconde brève pour w (oi-Kk^^n), mais aussi la finale brève représentant la flexion d'un ablatif delà première déclinaison. La langue vulgaire connaissait, en effet, une forme diploma, diplomae d'où est dérivé diplomarium, tandis que diploma, diplomatis eût donné diplomatorium. C'est ainsi que l'on trouve schéma, schemae chez Plaute. Amph., prol. 117 cum servili schéma; — Pers. 4, 2, 2 lepida schéma (abl.) ; chez Cécilius (76, Ribb.) hilara schéma (abl.). De même dogma, dogmae chez Labérius (17, Ribb.) : Pythagoream dogmam. Ici,

l'ablatif avec circavi s'explique tout naturellement: il indique la condition dans laquelle s'accomplissaient les voyages; cf. du reste Fronton, éd. Naber, p. 15 : navibus an equis an diplomatibus.

Circare, d'où est venu « chercher », signifie la même chose que circnmire : Vitalis fait le tour d'une région dans laquelle il distribue ou prend les correspondances.

Qu'est-ce que ce diplôme dont il est muni ? On sait que, d'une manière générale, le mot oÎ7rXco[jLa désignait un document écrit sur deux feuilles pliées ; il s'appliquait à toute pièce officielle délivrée par l'Empereur, par le sénat ou par un haut magistrat pour conférer une franchise ou un privilège quelconque : par exemple, une lettre du Prince autorisant le titulaire à requérir pour son usage les voitures publiques (1). Ici, il ne s'agirait pas de voiture, si, comme le pense Lindsay, regione(m) pedestrem, indique la partie du pays où le service des postes se faisait à pied ; le fait que Vitalis se livrait au plaisir de la chasse peut être invoqué en faveur de cette opinion, et le diplôme dont il est question ne lui aurait, en ce cas, conféré que le privilège des messages; mais Wilmanns

(i) Pline-le-jeune. Ad Traj. epist.. 64 fi4) : Kex Sauromates scripsit mihi esse quaedam quae deberes quam maturissime scire. Qua ex causa festinationem tabellarii quem ad te cum epistulis misit diplomate adjuvi. — Voy. aussi Cicéron, Adfam.,\l, 12, 3, passage où il est question, sous le nom de diploma, d'une lettre de service donnant le droit de voyager aux frais de l'Etat.

voit dans l'emploi des mots regio pedestris l'intention d'opposer le service par voie de terre au service par mer. Il est difficile de se prononcer, et c'était à Vitalis à parler plus clairement.

5. — potiones la lettre i devient consonne, et le mot ne compte ainsi que pour trois syllabes ; pour perducere, dans ce sens, cf. Arn. v, 26.

7. — Quisquepour qnisquis ou quicumque comme chez les vieux écrivains ; voy. Riemann-Lejay, Synt. lat. 4e éd., p. 37, rem. III et la n. 2.

Hic ego qui taceo, versibus mea vita demonstro. Lucem clara fruitus et tempora summa, Praecilius Cirtensi lare argentariam exibui artem. Fydes in me mira fuit semper et veritas omnis. Omnibus communis ego cui non misertus ubique? 5 7?isus, luxuria semper fruitus cun caris amicis. Talem post obitum dominae Valeriaenoninveni pu-

[dicae.

Vitam cum potui gratam habui cun conj uge sanctam . Natales honeste meos centum celebravi felices ; At venit postrema dies, ut spiritus inania mempra

[reliquat. 10 Titulos quos legis, vivus mee morti paravi Ut voluit Fortuna; nunquam me deseruit ipsa. Sequimini taies, hic vos exspecto, venitae.

C. I. L., VIII, 7156; Renier Inscr. Alg., 2074; Wilm. 592; Bùch. 512.

Epitaphe de Praecilius.

Trouvée à Cirta (Constantine) sur le couvercle d'un sarcophage, dans un mausolée.

Acrostiche commençant avec le deuxième vers : L(ucius) P(raecilius) Fortunatus; ce dernier mot est certainement un cognomen.

Praecilius était un argentarius. A l'origine, les argentarii étaient à la ibis orfèvres et banquiers, et l'association des deux métiers a persisté çà et là jusqu'à une époque avancée. Praecilius exerçait l'une de ces deux professions, peut-être l'une et l'autre ensemble. En tout cas, le caractère plébéien de cette epitaphe, l'impéritie du style et la versification grossièrement incorrecte, l'inintelligence ou la négligence avec laquelle l'inscription a été gravée (v. 5, omnisbus; v. 7, sanctam, voy. comment.) donnent à croire que le mort n'avait été qu'un mince personnage et un petit commerçant.

1. — taceo ne pas croire à une faute pour jaceo ; cf. Ovide, Met., V, 356 ou Pluton est appelé rex silentnm ; Valérius Flaccus, I, 750, turba silentum, les morts; Virgile, Aen., VI, 432, conciluim silentum, etc. — D'ailleurs, il n'y a pas contradiction entre taceo et mea(m) vita(m) de nions tro, mais, au contraire, opposition intentionnelle : moi, qui n'ai plus la parole, pourtant je fais connaître ma vie par les vers que voici.

2. — fruitus construit avec les accusatifs lucem clara(m) et tempora siimma; cf. Térence Heautont., II, 4, 21 : ingeniiun fruor (au contraire, Ovide,

Trist., III, 7, 47 : ingenio meo fruor) ; sur cet emploi, archaïque et familier, de l'accusatif avec frui, voy. Riemann-Lejay, Synt. lat., 4e éd., p. 63 et n. 2. tempora summa le temps extrême de la vie ; cf. l'expression summa senectus.

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