Ubei = ubï, voy. note précédente
se conlocarent l'expression se conlocare se rencontre chez des auteurs archaïques et chez Cicéron. — Livius Andronicus 10, édit. Ribbeck : in sedes se conlocat regias ; Accius, 437, Ribb. : conlocat sese in locum celsum. Plaute, Aulul. IV, 8, 6 : me conlocavi in arborem ; Cicéron, In Vatin, 39 : aliisjam se locis conlocarunt ; — Pro Cael., 49 : palam sese in meretricia vita conlocarit ; — Tusc. V, 2 : se in optimo vitae statu exquirendo conlocarent.
5. — Heic peut-on voir dans ce mot l'adverbe de temps « alors, à ce moment » ? en ce cas, il se rattacherait à la phrase principale, properavit... (v. 7). Rutgers supposait, non sans vraisemblance, qu'il y a une faute (heic est en effet très lisible sur la pierre), et que le texte donné au graveur devait porter hei ou heu ; Pighius proposait haec.
viridis aetas cf. Ovide Trist. IV, 10, 17 et Stace Theb. VI, 274: viride aevum; Silius Italicus I, 187, Martial XI, 71, 5, Columelle praef. 12 : virides anni.
6. — et en post-position, voy. plus haut, p. 154. gloriam conscenderet expression recherchée et
qui fait image, témoignant chez l'auteur de sens poétique et de culture littéraire ; cf. Properce II, 10, 23 :
Sic nos nunc, inopes taudis conscendere carmen.
7. — hora tristis fatalis mea, les mots hora fatalis forment une locution équivalente à mors, et
l'on s'explique facilement qu'ils puissent être qualifiés par un second adjectif, tristis.
9. — Ellipse du verbe, ce qui donne à la phrase quelque chose d'un peu étrange et négligé.
erodita pseudo-archaïsme, voy. plushaut, p. 154; cf. exfociont (col. rostr. de Duilius) = effugiunt. Cette alternance de Ô et de û était d'ailleurs fréquente dans le latin vulgaire, et la prononciation courante finit par les confondre.
13. — Infistae encore une confusion fréquente (voy. plus haut 5, 3 comm.), cf., dans le recueil de Bùcheler : 443, 9 crudile; 531, 1 infilix; 712, 2 penîtrans ; — et d'autre part, ibîd. 694, 1 insignebus ; 958,3 optenui ; 1339, 5 nemis ; 1406, 4 trebuet, et 5 mensebns ; 1447, 2 meretis, 5 anemis, 14 lacremis etc.
deposierunt pour la forme, voy. plus haut, p. 153, n. 13. — Il s'agit, dans ce vers, des paroles que les Parques prononcent à la naissance de tout être humain, et qui ont un effet irrévocable, cf. plus haut 17, 4, et Properce IV, 7, 51 :
Juro ego fatorum nulli revolubile carmen.
14. — patronae ne dépend pas seulement de studium, mais des quatre autres mots, cura etc.
15. — Silent... « font silence, à présent que mon corps a été brûlé, et se taisent dans la mort ». Le premier ablatif, ambnsto corpore équivaut à une proposition temporelle ; quant au second, il est difficile d'affirmer si c'est un ablatif de lieu sans in, ou un instrumental. — Manuce voulait
remplacer tacent par jacent ; à tort. Bùcheler (1) rapproche de notre vers Plaute, Poen. prol., 3 sileteque et tacete, et Lucrèce IV, 583 taciturna silentia.
17. — autecessi... diem si antecedere, comme il est naturel de le comprendre, veut dire ici « faire aller devant, faire précéder », nous sommes en présence d'un exemple unique en latin ; nulle part ailleurs, ce verbe ne signifie autre chose que « aller devant, précéder » ; ainsi, chez Térence, Phorm. III, 2, 40 haec (dies) ei antecessit, ou chez Cicéron, Brut. 82 his (oratoribus) antecedens. L'auteur de l'inscription n'étant pas un illetré, il s'en faut, nous devons croire sur ce seul témoignage» que antecedere pouvait prendre le sens qu'il lui donne ici. Toutefois, il n'est pas impossible que leti diem désigne le jour de la mort du père, et alors antecessi garderait son sens normal : j'ai précédé (par le jour de ma mort) le jour où mon père doit mourir.
19. — domu voy. ce qui est dit plus haut, au comment, du v. 1, sur la double déclinaison de domus. Pour domu, ablatif, cf. Plaute Mil. glor. II, 1, 48 ; Cicéron In Verr. II, v, 128 et Philipp. II, 45 ; et voy. Quintilien I, 6, 5... hac domu dicendum sit an hac domo. D'une manière générale, la flexion en — u dans la déclinaison de domus, devait être
(i) Sans donner les références.
plus archaïque en littérature (1), et c'est probablement pourquoi elle a été préférée par l'auteur de l'épitaphe.
Note sur la nature des Jeux Grecs, — Mommsen Hist. rom. trad. Alex. p. 292 en note : « Les jeux grecs ne paraissent pas avoir été de vraies représentations scéniques ; ils appartenaient plutôt au genre de la déclamation accompagnée de musique qui fut pratiqué plus tard dans la Grèce proprement dite (2). C'est la conclusion qu'il faut tirer des indications fournies par Polybe (30, 13) sur les concerts de joueurs de flûte, par Suétone (Caes. 39) sur la danse en général et sur la danse des armes à la mode de l'Asie mineure exécutée dans les jeux donnés par César ».
Dans un passage de la Rhétorique à Hérennius (IV, 60) relatif aux citharèdes, Mommsen estime qu'il est fait allusion aussi aux jeux grecs : « Une autre chose me frappe, ajoute-t-il ; c'est de voir ces représentations combinées à Rome avec des luttes d'athlètes grecs (Polybe, loc. cit. et Tite-Live XXXIX, 22). Sans doute les récitations dramatiques n'étaient pas exclues de ces jeux mixtes ; car nous voyons figurer des acteurs tragiques dans la troupe amenée à Rome en 587 (167 av. J.-C.) par L. Anicius. Mais ce n'étaient pas précisément des représentations dramatiques : l'artiste se conten-
( t ) Elle se réfugia dans la langue populaire ; car elle reparait chez des écrivains de la décadence, Apulée par exemple. (2; Cl". Welcker, Griech. Trag., p 1277.
tait d'y déclamer ou d'y chanter, avec accompagnement de flûte, tantôt un drame entier, tantôt, et plus souvent, de simples fragments. Vraisemblablement, la grande attraction dans les jeux grecs pour le public romain, c'était la musique et la danse ; quant aux paroles, on ne s'en préoccupait pas plus que les Français à l'ancien théâtre italien à Paris. Ces jeux, sans règle fixe, s'adaptaient très bien aux fantaisies des théâtres de société ».
Boneis probata, inveisa sum a nulla proba. Fui parens domîneis senibus, huicautem opsequens. Ita leibertate illei me, hic me decoraat stola. A pupula annos veiginti optinui domum Omnem. Supremus fecit judicium dies. 5
Mors animam eripuit, non veitae ornatum apstulit.
C. I. L. I, 1194 et X, 6009; Burm. IV, 336; Meyer 1425 ; Or. 3031 ; Wilm. 558 ; Bùch. 56.
Epitaphe de Larcia Horaea.
Cette inscription, qui fut trouvée à Interamna, a péri; c'est par la description qu'en ont donnée Jucundus et Pontanus, que nous la connaissons. Audessus, on lisait : P (iiblius) Larcius P (ublï) l (ibertus) Neicia, Saufeia A (uli) l(iberta) Thalea, L{ucius) Larcius P(ubli) f(ilius) Bufiis, P. Larcius P (ubli) f (ilius) Brocchus, Larcia P (ubli) G (= Gaiae) l (iberta) Horaea. — Au-dessous : L. Eprius Chilo, viat (or) tr (ibunus) pi (ebis) [E] pria cpi...
Nous sommes en présence d'une sépulture de famille qui nous raconte tout un petit roman : P. Larcius et Saufeia, affranchis l'un et l'autre, avaient deux fils, L. Larcius Rufus et P. Larcius Brocchus ; ils avaient aussi, parmi leurs esclaves, une jeune fille qui sut se faire bien venir d'eux tous, si bien même que, non seulement ses vieux maîtres l'affranchirent, mais que le fils cadet, Brocchus, l'épousa (voy. Comment, du v. 3 à stold) ; c'est cette Horaea dont l'épitaphe, en des vers qui ne sont pas sans fierté, célèbre l'honneur et les vertus :
Supremus fecit judicium dies.
Mors animam eripuit, non veitae ornatum apstulit.
L'inscription ne doit pas remonter plus haut que le temps de César, à cause de la forme huic (auparavant hoic, voy. Bùch. Décl. lat., trad. Havet, § 298) ; Wilmanns la croyait même plus récente ; — ei pour i, à plusieurs reprises, est une affecta-
tion un peu grossière d'archaïsme (et, sans doute, aussi, le double a de deçoraat, voy. Comment, à ce mot).
L'apex, dans ces dix vers, apparaît dix-huit fois.
Sénaires ïambiques.
1. — Boneis probata cf. C. I. L. t. VI, 23685, v. 2 : Bonis probata ; t. II, 3476 : vixit probus, probis probat(us) ; — Accius, 314 Ribb. : Probis probatum potins quam multis fore; — Tite-Live, XXVII, 8, 6 : ut nemo tota juventute haberctur prior, nec probatior primoribus patrum... esset ; — Ovide, Ex Ponto, I, 2, 140 (O. Korn 142) : Quarum judicio si qna probata, proba est.
inveisa sum a nulla proba même idée chez Properce IV, 11, 49 :
Quaelibet austeras de me ferat urna tabellas, Turpior assessu non erit ulla meo.