‹ Poésie latineChapitre 47 sur 82 · Quodque... ulterius cf. Properce, IV · texte numérisé non relu

Quodque... ulterius cf. Properce, IV

Quod mihi detractum est, uestros accédât ad annos. Consol. ad Liviam, 413 :

Perque annos diuturnus eas fratrisque tuosque. Stace, Silv., V, 1, 177 :

Pars animae victura meae. cui linquere possim 0 utinam quos dura mihi rapit Atropos annos!

(i) Le Styx sera aussi nommé au v. iS.

Ac veluti formosa rosast cum tempore prodit,

Arescit certo tempore deinde suo, Sic tu coepisti primo formossa, Anna, vidëri,

Tempore sed subito desinis esse mea.

Hoc Stabilis tuus, eheu ! quo possum munere parvo, 5

Prosequor, atque opto : sit tibi terra levis.

C. I. L. VI, 22377, décr. par Henzen ; Jahn, Spec. epigr., p. 108, 2 ; Burm. IV, 152 ; Meyer 1281 ; Bùoii. 1040.

Epitaphe de Memmia Anna.

Actuellement au Musée du Vatican ; au-dessus, on lit : Memmia D (= Gaiae) I(iberta) Anna.

Date incertaine (premier siècle de l'ère chrétienne?) — Trois apex.

Distiques élégiaques. — Si l'on observe que, dans ces vers habiles et gracieux, il y en a deux qui sont Taux (3 et 5) et que justement ce sont ceux où figurent des noms propres, on en concluera : 1° que ces distiques, tels qu'ils devraient être avant l'introduction des noms, sont l'œuvre d'un vrai poète, soit qu'ils aient été empruntés à une élégie que nous ignorons (1), soit qu'ils aient été composés exprès pour servir d'épitaphe et soient devenus la propriété du fabricant de tombeaux ; 2° que ce poète ne peut être Stabilis puisqu'il n'était pas assez instruit pour s'apercevoir que, par l'introduction des noms propres, deux vers devenaient faux. Cette preuve d'ignorance, il est vrai, ne fait que mieux valoir le goût instinctif et sûr qui l'a poussé à choisir de si jolis vers parmi ceux qu'on dut lui proposer.

1-3. — Ac veluti... Arescit • •• Sic tu cf. Properce II. 15, 51:

Ac veluti folia arentis liquere corollas

Quae passim calathis strata natare vides, Sic nobis...

(i) Ac, au début, parait bien indiquer que c'est un passage emprunté à une pièce plus longue.

formossa cf. imperiossus et verucossus dans les Factes Gapitolins ; voy. Ritschl Opusc. II, 715 ; Stolz, Hist. Gr. der lat. Spr., t. I, p. 537. — La succession des formes a été : formonsus, — ossus, — os us.

Anna le vers était juste avant l'intercalation de ce nom.

5. — eheu] sur la pierre éhiu ; en lisant heu, on aurait un vers juste. Bùcheler trouve ;que la syntaxe laisse à désirer à cause de l'absence [de ego ; mais l'ellipse est acceptable. Il suppose que leîmodèle pouvait être :

Hoc ego te conjunx, quo possum munere parvo...

Exemplum periit castae, lugete, puellae : Oppia jam non est, erepta est Oppia Firmo. Accipite hanc animam numeroque augete sacratam Arria Roraano et tu Graio Laodamia.

Hune titulum meritis servat tibi fama superstes. 5

C. I. L. X, 5920 ; Gruter 394, 8 ; Burm. IV, 54 ; Meyer 1201 ; Bùch. 423.

Epitaphe d'Oppia Eunoea.

Cette inscription, aujourd'hui perdue et qui a été vue par Martinius Smetius au xvie siècle, fut trouvée sur une plaque de marbre à Anagni (Anagnia, vieille ville du Latium, cf. Virg. Aen. VII, 084, clives Anagnia).

Au-dessus : L(ncio) Cominio L(ucii) f(ilio) L(ncii) n(epoti) Pal(ilia) Firmo prae(tori) q(uaestori) aer (arii) et alim(entorum) Oppiae Sex(ti) et D (= Gaiae) l(ibertae) Eunoeae. — Au-dessous: sibi sais posteris eorum.

Du commencement du deuxième siècle ap. J.-C; c'est dans les premières années de ce siècle que Trajan organisa l'administration alimentaire, autrement dit l'assistance publique (1).

Hexamètres dactyliques. — Le second i de periit (v. 1) porte l'apex.

(3) C'est grâce à des inscriptions, trouvées l'une en 17&7 auprès de Plaisance, l'autre en i832 dans les environs de Bénévent, que nous connaissons les fondations alimentaires de Trajan ; mais il n'est pas le premier empereur qui en ait conçu l'idée et même tenté la réalisation ; à Nerva en revient l'honneur, comme nous l'apprennent un passage d'Aurélius Victor Epit. 12, un fragment d'Ulpien XXIV, 28, et une loi du Digeste XXX, 1, 122. Le fisc impérial fournissait le capital de la fondation ; mais ceux à qui il était confié, municipe ou citoyen ayant une grande fortune, devaient en payer la rente et donner hypothèque sur leurs biens immeubles. Quant à l'administration, elle était confiée soit à un magistrat ordinaire du municipe, soit à un quaestor arcae alimentariae ou alimentorum (comme était notre L. Cominius Firmus), surveillé lui-même par un inspecteur régional nommé procuralor alimantorum, s'il appartenait à l'ordre équestre, curalor ou praefectus alimentorum s'il était pris dans l'ordre sénatorial (voy. Bouché-Leclercq, Inst. rom., p. 226, n. 5, et 227, n. 3).

Cette jolie épigramme est l'œuvre d'un poète, tout au moins d'un lettré qui avait l'éducation et l'accent ; elle évoque des souvenirs de mythologie et d'histoire; elle appelle des rapprochements avec d'autres poètes, et les vers sont agréablement tournés. Ajoutons que l'auteur a fait preuve d'an goût très exact en ne transformant pas une épitaphe en poème et en laissant à celle-ci, sous la forme littéraire, le caractère de concision et l'aspect simple qui conviennent à une inscription ; c'est là le témoignage d'un art sûr et discret.

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