Perpetuo porte sur colenda
talis équivaut à une proposition causale : puisqu'elle fut telle.
colenda cf. Properce IV, 11, 37 : cineres tibi, Roma, colendos (verendos mss. inférieurs, Phillimore).
11. 12. — Au |sujet de ces deux vers, Fabretti renvoie à un passage des Tusculanes (I, 93), où Cicéron, disant qu'il faut supporter sans trop de trouble la mort des enfants, ajoute : quamqnam non maie ait Callimachus multo saepius lacrimasse Priamum quam Troilum (1). Voy. en effet, O. Schneider, Callimachea, fr. 363 :
Metov yzp ovxo; TpauXo; '(' èoâ/.puaev •?)' IIpfafJLOî.
Plutarque également fait allusion à ces vers, Consol. ad Apolloniiim, 24.
La pensée se reporte aussi vers le passage bien connu de la satire 10 de Juvénal, dans lequel le
(i) Troïlos, fils de Priam et d'Hécube, périt de la main d'Achille; voy. Iliade, XXIV, s57 ; Enéide, 1, 474 suiv.
poète développe, à l'aide d'exemples, les tristesses d'une longue vie, v. 188 suiv. (à partir du v. 243 : Nestor, Pelée, Priam).
Hecuba ablatif commandé par minus, bien que l'on y ait vu un nominatif, et que Burmann ponctue encore :
Sic Hecuba flevit, Penthesilea minus.
Penthesilea fille d'Ares et d'Otréra, et reine des Amazones ; elle fut tuée par Achille, qui s'attendrit sur sa mort à cause de sa beauté, de sa jeunesse et de son courage. Son [corps, d'après une tradition, fut inhumé par Achille lui-même sur les rives du Xanthe ; selon une autre légende, il lut jeté dans le Scamandre par Diomède, pour venger Thersite, son parent ; celui-ci ayant raillé les] (larmes d'Achille, Achille l'avait tué. Penthésilée] a souvent inspiré les poètes latins; cf. Properce III, 11, 14 suiv. :
Aurea cui postquam nndavit cassida frontem, Vicit victorem candida forma virum.
Virgile, Aen., I, 490; XI, 661; Ovide, Ars am. 111,2; Rem. am. 676; Claudien, In Eutropium I, 333 suiv. ; Ansone, éd. Peiper, p. 321, v. 15 (éd. Schenckl, p. 195).
Mater nomen eram, mater non lege futura ; Quinque etenim solos annos vixisse fatebor Et menses septem, diebus una cum vinti duobus. Dum vixi, lusi; sum cunctis semper amata. Nam pueri voltum, non femine crede gerebam, 5 Quam soli norant Agathen qui me genuerunt, Rufa coma, tonso capite posttrema remisso. Convivae cuncti nunc mi bona pocula ferte Diciteque ut semper meo corpori terra levis sit. Necparvaedoleat requiem meiperquaFaventius 10 Nutritor plus quam genitor, qui solam amavit. Est mihi nam mater, pater et praecesserat olim Nec doluit casum; soror est et ma tris amoenae Tristis et ipsa meae mortis. Quos cuncti parentes Solando vitae dulci retinete precantes 15
Ne dolor augescat seu maeror tristis abundet. Qui legitis, totum nomen si nosse velitis, Noscetis Geminiam Agathen, quam mortis acerbus Eripuit letus teneramque ad Tartara duxit.
C. I. L. VI, 1QQ07; Bormann, Inscr. lat. nov., p. 5 ; Wilm. 569; Buch. 562.
Epitaphe de Géminie Agathe, morte dans sa sixième année.
Elle se trouve à Rome. En tête : Geminiae Agathe Matri dulcissimae (de chaque côté, D. M. d'après Wilmanns) ; — après les vers : hoc est, sic est, aliut fieri non potest, hoc ad nos, formule de résignation qui se retrouve ailleurs (voy. Bùch. 247) et qui n'est pas sans beauté.
Hexamètres dactyliques (incorrects, v. 9, 11, 14). Date incertaine. Les lettres sont gravées avec négligence ; confusions entre o et q; d eto ; iete (par ex., au v. 11 oui = qui ; au v. 17, tdtum = totum etc.).
1. — Mater c'était le cognomen ou signum de la petite fille : mère, elle ne l'aura été que par le nom. Il y a, dans la pensée d'où est venu ce jeu de mots, une mélancolie qui arrête le sourire.
3. — vinti voy. Lindsay, Latin long. p. 418 ; ce serait là une forme africaine et sarde ; elle donnerait en ce cas une indication sur le pays d'origine de la famille, si, comme il semble bien, cette naïve inscription est l'œuvre d'un membre de cette famille, peut-être Faventius, voy. comment, du vers 11. Cf. C. I. L. t. XII, 5399 trienta = triginta, et les formes italiennes « venti », « trenta ».
5 et 6. — Ces deux vers veulent dire qu'elle est morte à un âge où, fille ou garçon, l'on est encore qu'un enfant, sans distinction de sexe, pour les étrangers.
qui me genuerunt sa mère et son beau-père Fa-
ventius ; voy. comment, du v. 11, vers où la petite morte dit elle-même que Faventius n'est pas son genitor.
7. — posttrema] postrema Wilmanns ; il voit, sans doute avec raison, une bévue du lapicide dans ce redoublement du / : mais, dans une inscription, nous n'avons pas à corriger les fautes. Postrema doit être ici adverbe, comme prima chez Gratius, Cgneg. 25, et la coiffure de Géminie Agathe consistait en ce que les cheveux étaient coupés plus ou moins courts sur le haut et les côtés de la tête et laissés longs et flottants en arrière ; postrema remisso, qui se rattache à capite, ne concerne que la chevelure « rejetée librement en arrière ». Il y a, dans ce vers, chose qui n'est pas fréquente chez les Anciens, une tentative, d'ailleurs heureuse, de portrait physique.