soror est et matris sa tante maternelle> mater tera
amoenae sommes-nous en présence d'un cognomen, de sorte que la mère serait nommée ici, comme, au v. 10, le beau-père Faventius ? Cf. Wilm. 1802, le cognomen Amoenus ; d'autre part, l'épithète amoenus, dans la langue populaire et post- classique (Plaute, A. Gelle, Macrobe), pouvait s'appliquer aux personnes.
14. — Tristis... meae mortis bien que la construction d'adjectifs avec le génitif soit fréquente chez les poètes, et à l'époque post-classique chez les prosateurs, on n'en cite pas d'exemple pour tristis.
cuncti avec la finale brève.
18-19. — mortis... letus pour la forme masculine letus, cf. dans le recueil de Bùcheler, les nombreux exemples de fatus (=fatum): 81, 4 ; 148, 2 ; 444, 2 ; 1537 b, 2 ; et malus fatus chez Pétrone, Satir . 42. Quant à la locution letus mortis, il est bien difficile d'y voir autre chose... qu'une sottise, comme si, en français, l'on écrivait « le trépas d'une mort prématurée ». Il y a dans cette inscription d'autres maladresses et grosses inexactitudes d'expression (qui me genuerunt, cf. v. 6 et comment.) ; celle-ci est la plus forte, voilà tout. Wilmanns écrit Letus et veut d'après Bormann, (Unged. Lat. Inschr., Berlin 1871, p. 5 n° 3), que ce soit le Genius mortis ; il serait étonnant que ce Letus n'ait laissé de trace qu'ici. Le passage de Lucrèce IV, 766, mortis letique potitum, ne prouve qu'une chose, que l'on savait déjà, c'est que Lucrèce pratique volontiers la tautologie (1) ; Bùcheler, qui le cite, pense que l'expression letus mortis pourrait venir de quelque formule archaïque.
(i) Ainsi, dans ce même livre IV, 274 : duplici geminoque ! m
Parvolus in gremio comunis forte parentis
Dum ludit, fati conruit invidia ; Nam trucibus junctis bubus tune forte noveli
Ignarum rector propulit orbe rota.
Maestus uterque parens postquam miserabile fu-
[nus
Fecit, inferis munera suma dédit, Hune Antho tumulum maie deflorentibus annis
Pro pietate pari composuere suo.
C. I. L. XIV, 1808; Marini Monum. dei. frat. Arv. p. 123 ; Meyer 1272 ; Bûch, 1059.
Epitaphe d'Anthus.
Trouvée à Ostie; aujourd'hui, au Vatican. Date incertaine. Au-dessus : dis Manibus Q. Volusi Sp (urii) f(ilii) Lem (uria) Anthi ; au-dessous : Q(uintus) Voliisius Q(uinti) l(ibertus) Anthus pater fecit sibi et Siliae j ( = Gaiae) l(ibertae) Feliculae conjugi sanctissîmae, Volusiae Q(uinti) f(iliae) Nice, Q(uinto) Volusio Q(ninti) fdio Antho, Siliae J5 (= Gaiae) l(ibertae) Nice, C( = Gaio) Silio Antho ; infr(onte) p(edes) VI, in ag(ro) p(edes) III s.
C'est donc une sépulture de famille, d'une famille d'affranchis.
Le cognomen Anthus se lit dans d'autres inscriptions ; voy., par exemple, chez Wilmanns, 122 : Aelius Anthus (inscription de Lyon) ; 204 Julia Hieria Anthi fdia (Rome).
1. — Parvolus cette expression et le genre de l'accident dont il va être question font présumer qu'Anthus était un tout jeune enfant : de deux ou trois ans, peut-être.
in gremio cf. 3, 6, le comment, et le renvoi au passage de Cicéron; — comunis (== communis, cf. v. 6 suma) parens, c'est la terre, tellus.
2. — Pour la construction régulière, il faudrait dans la proposition principale, unpronom-à l'accusatif, régime de connût.
3-4. — noveli Ignarum Anthus ne se gardait pas, ignorant que l'attelage était formé de bêtes jeunes, insuffisamment dressées ; car, bien que noveli soit au singulier, les mots qui sont auparavant, truci-
bus junctis bubus, montrent que ces bœufs étaient redoutables l'un et l'autre. L'épithète novellus est jointe par Varron àjiwenci et à boves, De re rust. I, 20, 2 et II, 5, 6.
rector appartient à rota, qui est un nominatif; ou sait que auctor s'applique très bien à des femmes et peut devenir féminin ; il y en a des exemples chez Cicéron et Virgile, et celui-ci, pris à Ovide Metam. VIII, 108, est concluant : auctore relicta (1). L'autre explication, qui consiste à voir dans rota un ablatif, ou à écrire avec Meyer rotae, et à faire de rector le conducteur de la charrue, nous paraît inadmissible : il y aurait crime, non plus accident ; et, non seulement le tune forte du v. 3 (« à ce moment il se trouva que... »), mais le fati invidia du v. 2, et le ton de toute 1 epitaphe prouvent qu'il s'agit bien d'un accident.
6. — Fecit, inf eris certainement une erreur du graveur ou de celui qui lui a donné le modèle ; c'est Fecit et inferiis qu'il faut restituer.
suma comme au v. 1, comunis.
7. — Antho... deflorentibus annis jeu de mots sur le nom d'Anthus : "AvOoc;, fleur.
8. — pari suo ce ne sont donc pas son père et sa mère, mais ses compagnons.
(i) On cite aussi conditor, mais pour ce mot il y a cloute : quand Tacite, Germ. 28, écrit Agrippinenses condileris suc nomine, il n'est pas impossible qu'il ait, comme le pense Furneaux, commis une erreur et confondu Agrippa avec Agrippine.
Tu pede qui stricto radis per senta viator,
Siste rogo titulumque meum ne spreveris oro.
Bis quinos annos mensesque duos, duo soles
Ad superos feci tenere nutritus, amatus.
Dogmata Pythagorae sensi studiumque sophorum, 5
Et libros legi, legi pia carmina Homeri
Sive quot Euclides abaco praescripta tulisset.
Delicias habui pariter lususque procaces.
Haec Hilarus mihi contulerat pater, ipse patronus,
Si non infelix contraria fata habuissem. 10
Nunc vero infernas sedes Acherontis adundas
Tetraque Tartarei per sidéra tendo profundi.
Effugi tumidam vitam. Spes, forma valete :
Nil mihi vobiscum est, alios deludite quaeso.
Haec domus aeterna est, hic sum situs, hic ero
[semper. . 15
C. I. L. XI, il, 643Ô ; Gruter 950, 7 ; Orelli. 1174; Burm. IV, 344 ; Meyerl89 ; Bùch. 434.
Epitaphe de Petronius Antigénidès, mort à douze ans. — Trouvée à Pisaure (Pisaurum, auj. Pesaro).
Au-dessus : d(is) M(anibus Petronii Antigenidis.
C'est un petit esclave, fils de son patron qui se proposait de l'affranchir plus tard (v. 9 et 10) et, comme s'il l'était déjà, lui fit donner sur son tombeau le nom gentilice de Petronius.