Quei = qui ; voy. plus haut 1, 4 comment
apice = apicem, cf. 1, 5 comment. Ce mot désigne ici, comme souvent, la coiffure des flammes (c'était aussi celle des Saliens) ; sorte de bonnet rond surmonté d'un morceau de bois d'olivier aiguisé et fixé dans une touffe de laine, ce qui lui donnait l'aspect d'un casque à pointe ; au sens exact, c'est la pointe d'olivier qui est Y apex.
insigne n'est pas là, comme on pourrait le croire, pour insignem : c'est un neutre pris substantivement ; ins igné copitis, insigne regiiun sont des expressions courantes, que l'on rencontre dès l'époque classique.
gesistei pour la finale cf. virtntei 1, 3 ; et ici,
au v. 4, sei ; pour ges = gess, cf. 2, 2 fuise; ici même au v. 4 licuiset, au v. 5 superases ; au contraire, au v. 2 essent.
2. — perfecit... ut cette construction de perficere avec /i/ se trouve chez Térence Eun V, 9, 24-25 ; chez Cicéron plusieurs fois, par exemple Tusc. I, 15 ; chez Cornélius Nepos, Epam. 6. 4.
4. Quibus sei... licuiset... cf. Lucain I, 114 : Quod si tibi fata dédissent Majores in luce moras...
tibe Lindsay croit que cet e final représente un i bref (tibï, prononciation habituelle) plutôt que ei, équivalent de i long (tibi, prononciation littéraire) ; L. Mùller écrit ti.
utier voir plus loin, 6, 4 comm. à loquier.
5. — Facile facteis allitération forte ; Wordsworsh voit dans facile un ablatif (facile = facili), parce qu'il voudrait trouver une longue à cette place du vers ; mais il semble bien qu'une iinale brève portant le temps fort pouvait être l'équiva-
lent d'une longue : facile = ou - ; cf. plus bas, au
y. 7, Terra = -.
6. — gremiu = gremiiim, voy. plus haut 1, 5 comment ; sur la pierre ingremin en un seul groupe, manière d'écrire qui n'est pas rare dans les inscriptions et qui vient de ce que, la préposition, placée devant le mot auquel elle se rattache, était proclitique et faisait corps avec lui. Cf. Cicéron De leg. II, 63: terra... ut sinus et gremium, quasi matris, mortuo tribueretur.
7. — Scipio... Publi... Corneli pour cet ordre des noms, voy. plus haut p. 9 à la fin ; ici, ils sont enchevêtrés dans la phrase d'une manière ingénieuse et hardie.
prognatum voy. 1, 2 comment.
Magna sapientia multasque virtutes
Aetate quom parva posidet hoc saxsum.
Quoiei vita defecit, non honos, honore,
Is hic situs quei nunquam victus est virlutei,
Annos gnatus viginti is loceis mandatas ; 5
Ne quairatis honore quei minus sit mandatas.
C. I. L. I, 34, p. 20, et VI, 1289 ; P. L. M. E. XLI, k ; Meyer, 4. Wilm. 540; Dess. 7 ; Bùch. 9; L. Havet, De Sat., p. 231; Wordsworth, p. 161 et 403 ; Lindsay 45 ; L. Mùller, Der Sat. Vers, p. 154 ; Eng. Schneider, Dialect. Italie, vu, 91 (p. 10).
Quel est ce Scipion ? On ne saurait le dire d'une manière satisfaisante ; en tête de l'inscription, sur la même ligne que les deux premiers mots, Magna sapientia, del'épitaphe en vers, on lit : L. Cornélius Cn (aei) f (ilius) Cnaei n (epos) Scipio. D'après Visconti, ce serait le petit-fils de Cn. Scipio Calvus (consul en 222 av. J.-C, tué en Espagne), le fils d'Hispanus (consul en 176 et mort la même année), et le frère cadet d'Hispanus à qui est consacrée l'épitaphe 5. Mommsen ne croit pas impossible que ce soit, non le frère, mais le fils d'Hispanus. Dans l'un ou l'autre cas, il serait plus récent que lui, et c'est pourquoi sans doute Dessau, qui incline vers la première hypothèse, ne donne cette inscription qu'après celle d'Hispanus. Nous la laissons ici parce qu'elle est en saturniens et celle d'Hispanus en vers dactyliques ; le fils a pu mourir avant le père, le frère cadet avant le frère aîné ; nous ne sommes même pas sûrs qu'il y eut entre Hispanus et ce Scipion, l'un de ces deux liens de parenté ; en revanche, il est peu probable qu'après avoir, pour un des Scipions, abandonné le saturnien, on y [soit revenu, et que l'épitaphe Virtutes generis.... soit antérieure à celle-ci (qui est à placer entre 150 et 140 environ ?)
Sur l'incription, les vers ne sont pas séparés.
1. — Magna sapientia — magnam sapientiam, voy. 1, 5, comment.
2. — quom = cum, préposition ; cette forme se trouve dans la Lex Agraria 102 (21) : oina quom
agro ; cf. Sénatnsc. des Bacchanales, 15 :oquoltod (= occulto) ; et Nonius II, 67 inquoato dans L (=incoato). Ces confusions ou variations graphiques paraissent venir de ce que, à un certain moment, quo se prononça co.
posidet pour s non redoublé (ou contraire de n dans annos au v. 5), voyez 2, 2 comment., au mot fuise ; pour la finale longue, il n'y a pas lieu d'invoquer la présence du temps fort posidét (cf. 3, 5, comment, au mot facile) : possidêt était la quantité à cette époque.
saxsum ce groupe xs = x, qui, d'après Ritschl, apparaît pour la première fois dans le Sénatusc. des Bacchanales (186 av. J.-C), est fréquent sur les monuments archaïques, et par la suite se rencontre un peu à toute époque, surtout dans les inscriptions plébéiennes, voy. Lindsay, The latin Language, p. 5, et, dans le recueil de Bûcheler, 9596, 3 veixsit = vixit, inscription à peu près contemporaine de la mort de Sulla, 78 av. J.-C. ; ibid., 936, 1 et 2 saxso, saxsa, inscription de Pompéi, (reproduisant un distique d'Ovide, Ars am . I, 475-6). — Voy. encore ibid., 58, 4 senexs (vers le temps de la mort de César) ; ibid., 1131, 4 exsemplum, etc.
3. — Quoiei cette forme, qui reparaît dans la Lex repetundarum (123-122 av. J.-C.) et dans la Lex agraria (111 av. J.-C), paraît venir de ce que le thème quo a d'abord été élargi par ï (ei), d'où quo-ei, à quoi s'est ajouté le suffixe-ez du datif :
quoei-ei ; voyez Bùcheler, Décl. lat. trad. Havet, §296suiv., p. 183.
honore = ho no rem, voy. 1, 5, comment. ; construction de deficere avec l'accusatif, régulière quand le verbe a bien le sens de « abandonner », se trouve chez César, Gicéron, chez les poètes ; César, Debell gall., VII, 50, 6 : quemjam sangnis viresque deficiunt. — Il y a un jeu de mots sur honos, l'honneur au point de vue de la réputation (1), tenant à un caractère, à des mœurs estimables, et honorent qui représente ici l'honneur qui vient d'une fonction dont on est revêtu, d'une distinction que l'on reçoit : les honneurs.
L. Mûller, en note, propose de remplacer honore, qu'il croit corrompu, par ad florem.
4. — virtutei = virtutl, ablatif ; virtntid, forme primitive. L'ablatif classique virilité, selon Lindsay, Lat. Inscr., p. 77, est un ancien locatif, virtutî. Wordsworth, Fragm. and spec, p. 70, observe qu'il n'y a pas sur les inscriptions d'exemple de cet ablatif en — ei qui soit antérieur à 150 av. J.-C.