LE TRAVAIL DES CAPTIES
Les trois premiers vers étaient d’abord résumés dans ce seul vers :
Dieu dit an roi : je veux un temple; ou sois maudit.
Victor Hugo a biffé ce vers et écrit au-dessus les trois vers définitifs. Le roi ne devait d’abord immoler «pour l'exemple» que deux hommes. A deux
hommes ont été substitués cent hommes.
Au premier feuillet on trouve, en deux vers biffés, un autre point de départ deexplication de la querelle entre Angus et Tiphaine :
La jeunesse parfois dit d’un air triomphant Des choses dont plus tard elle sent la piqüre.
On trouvera plus loin, aux variantes et vers inédits, un développement retrouvé dans les fragments et se rapportant à ces deux vers.
Puis Victor Hugo a sans doute préféré donner un tour moins provocant au déf d'Angus et en a laissé le motif dans l’ombre.
Au bas du sixième feuillet, quatre vers très raturés :
Les deux juges du camp (wot illisible) et de Northumbre Avec trois chapelains de guerre au blanc rabat
Font la police ainsi qu'il sied dans un combat.
Un prêtre dit la messe et l’on chante une prose.
Et la pièce continuait ainsi :
Fanfares. C'est Angus.
Un cheval d’un blanc rose.
Victor Hugo pensa qu'il fallait donner un public à ce combat, et fit intervenir les gens des bois, décrivit leur aspect, leurs costumes, dans un développement de dix vers en haut du septième feuillet :
Les pauvres gens des bois sont venus en grand nombre. Mais restent à distance et contemplent de loin.
Puis il fit neuf autres vers en marge sur le paysage, reprit en les transformant les vers raturés, sur les juges du camp.
Le Has vers du feuillet 10,
Ainsi deux éclairs vont l’un vers l’autre et s’attirent,
est répété en tête du feuillet 12; le feuillet 11 a donc été ajouté. Dans la première version, dès que Tiphaine apercevait Angus, il se précipitait sur lui :
Ainsi deux éclairs vont l’un vers l’autre et s’attirent; Mais terreur! sur Angus Tiphaine s'abattit.
Victor Hugo, dans le feuillet 11, a donné toute la physionomie du combat, mon-
trant Angus qui «en était à sa troisième lance», alors que Tiphaine n'avait pas à ,
encore riposté.
Au feuillet 16, grand ajouté : la mère tout d’abord se bornait à crier : Grâce! à Tiphaine.
Victor Hugo développe les supplications de la mère qui barre le chemin au vainqueur.
LES CONSEILLERS PROBES ET LIBRES (1)
Au-dessus du titre, le titre général du livre : Rarserr; et plus haut ces mots biffés : Première romance.
Dans la table qui se trouve à la fin du manuscrit de 1859, Victor Hugo avait annoncé sous ce titre : les QUATRE ROMANCES DE RATBERT, les pièces suivantes : /e Conseil, Elciis, Onfroy, Fabrice; il modifie le titre général ainsi : L’IraALtE. — RATBERT ; le Conseil devient les Conseillers probes et libres, Onfroy : la Défrance d'Onfroy, et Fabrice : la Confiance du marquis Fabrice; il détache Ejis pour en faire un poème à part : /es
LP jours d'Elciis.
es Conseillers probes et libres, sorte de prologue des deux pièces suivantes, débutait ainsi :
Le roi d’Arle est assis au centre de la place.
Il a derrière lui toute une populace
De princes et de dues, et la Scala, le roi Tarente Salerne
De Na et le roi de Vicence, Mainfroy.
La Ste autour ‘du trône est déserte, et cent noirs
Plus loin, au sixième feuillet, la récompense du premier conseiller était mentionnée dans ces vers :
Qui te conteste est traître et qui te brave est fou. Ratbert prend son collier et le lui met au cou.
Un développement de huit vers pour l’exode de Cibo est placé en marge du septième feuillet et modifie le texte primitif qui était :
.…Sire, les gens à fières attitudes, Sont des félons sur qui doit tomber la fureur,
A ce vers biffé, succédait le vers :
Quiconque ne dit pas : Ratbert est l'empereur .…
Mème remarque pour les huitième et dixième feuillets pleins de remaniements en marge; un feuillet, le neuvième, n’est qu’un simple carré de papier écrit des deux côtés; au verso quelques vers, un peu modifiés, sont intercalés dans /4 Confiance du marquis Fabrice.
Ce qui donnera à peu près la mesure des ajoutés , ce sont ces deux nombres, au dernier feuillet, qui indiquent le total des vers, 184 puis 250; cette pièce a donc été revue deux fois; corrigée d’abord d’une écriture plus fine, et, en second lieu, à l’encre rouge.
La pièce débutait ainsi :
Roi, nous te saluons sans plier les genoux.
Pour éclairer le poème, Victor Hugo a écrit plus tard quatorze vers qu’il a placés
avant le grand discours d’Onfroy; le premier feuillet est devenu, par cet ajouté, le second feuillet. Une ébauche de plan, en effet, dans cet ordre :
Ratbert.