IV. La FIN
Un ajouté de vingt vers, en marge de ce même feuillet, et un fragment d’enveloppe de lettre, sur lequel Victor Hugo a écrit douze vers, et qu’il a collé avec des pains à cacheter sur son manuscrit.
Victor Hugo s’est servi, pour le quatrième feuillet, d’une page commencée deux mois avant, au moment où il écrivait es Lions; on trouve deux vers de cette pièce
au bas de la page.
LA CONFIANCE DU MARQUIS FABRICE (1)
Au-dessus du titre : Quatrième romance.
Nous avons donné plus haut la classification des trois premières romances. L'étude du manuscrit nous révèle que, malgré le rang qui lui a été assigné, l’idée de Fabrice a dü se présenter à Victor Hugo avant celles des Conseillers probes et libres et de la
Défiance d'Onfroy ; c'était en quelque sorte le pivot du poème : L'ITALIE — RATsERT. Ce qui l'indique, ce sont d’abord, à certaines pages, des blancs ménagés ct destinés à recevoir plus tard les rimes qui ne répondaient pas tout de suite à l'appel de la pensée; puis.ce sont des ébauches d’idées, de vers non terminés qui attestent quelque indécision; c’est surtout la date. Victor Hugo commence /4 Confiance du marquis Fabrie le 2 décembre 1857; le 3, il écrit /es Conseillers probes et libres, et le 6, la Défiance d'Onfny, tout en continuant son premier poème, qu'il achève le 17. Il mène donc les trois pièces de front; dans les Conseillers, ik donnait déjà le plan de l'attaque chez Fabrice, et, ayant achevé trois jours après /4 Défiance d'Onfroy, il se consacrait tout entier à Febrice, qu’il devait nécessairement remanier alors que l’idée s'était plus nettement pré: cisée et développée dans les deux premières pièces. Nous allons noter les principales modifications :
En suivant page À page, on peut reconstituer six feuillets introduits ultérieurement.
Au deuxième feuillet, on passait de ce vers :
L’antique Sparte était sur son visage empreinte, $ +2 à celui-ci :
Les femmes l’admiraient, se montrant avec crainte...
Un ajouté en marge arrête nettement les origines de Fabrice. s La deuxième et la troisième division étaient d’abord réunies puisque, au quatrième feuillet, presque sans transition, le portrait du grand père succédait au souvenindu soldat.
Au bas du sixième feuillet, ce vers biffé :
Final eff un vieux mont que son donjon défend.
Ce vers est répété et biffé encore en tête de la quatrième division, ce qui suppri: mait toute la fin de la troisième division, depuis :
son âge rte !
Parfois, Isoretta que sa grâce défend...
Cette fin se retrouve ébauchée au verso du septième feuillet en quelques versespacés, sans lien entre eux, repris ensuite plus tard pour la version définitive. A la sixième division : LE PÈRE ET LA MÈRE , après le quatrième vers , un large espace ct trois vers biffés précédés d’une rime :
EXquIse R posait le marquis auprès de sa marquise Dont Isora, sa dame, était ‘unique enfant; Tous deux silencieux dans cet air étouffant, tombean Sculptés sur leur cercueil côte à côte, Sfatues.…
En marge sont les vers définitifs avec leur développement.
A la divine division : SUITE DE LA JOIE » description du cortège de Ratbert dans les ajoutés du feuillet 21 et dans le feuillet 22, entièrement nouveau.
À la onzième division, les six premiers vers du début se retrouvent au bas du même feuillet.
Et, ce qui marque bien encore les hésitations, on trouve, biffés au vingtssep: tième feuillet, quatre vers qu’on vient déjà de lire au vingt-cinquième:
Tout le vingt-huitième feuillet est ajouté.
Les promesses de Ratbert à Fabrice n’existaient pas primitivement. Elles sont indiquées, d’abord entre des blancs, puis en marge du trente et unième feuillet. : Le trente-deuxième feuillet est ajouté tout entier. Voici comment se reliaient les Ce vers qui suivent l'apparition de la civière, quatorzième division :
C'est elle! Isora! pâle, inexprimable à voir, Etranglée, et sa main crispée, et cela navre, Tient encore un hochet, pauvre petit cadavre ! Er le héros brisé sent que son cœur se fend
Ef sur ses deux genoux tombe & dit : Mon enfant!
Ces quatre derniers vers, biffés, sont écrits en marge du trente-troisième feuillet; 3 mais au haut de la page une variante biffée aussi :
Er l'aïeul effrayant bondit, SON CŒUT Se fend ñ Sa bouche s'ouvre, il crie, il pleure : Mon enfant!
Etles vers se suivent tels qu’ils sont publiés. :
Victor Hugo, emporté par son sujet, avait jeté le grand-père aux pieds de l'enfant, sans se rappeler qu’à ce moment même Fabrice subissait la question.
Dans la nuit du 16 au 17 décembre Victor Hugo trouva le développement suivant qu'il écrivit la nuit même, comme en témoigne la note indiquée en travers sur les vers mêmes, tracés en lignes inégales au bas et en marge du trente et unième feuillet :
L’aïeul tressaille avec la force d’un géant;
Formidable, il arrache au brodequin béant
Son pied dont le bourreau vient de briser le pouce;
Les bras toujours liés, de l’épaule il repousse ; Tout ce tas de démons, et va jusqu’à l'enfant,
Et sur ses deux genoux tombe, et son cœur se fend.
Il crie en se roulant sur la petite morte...
Au feuillet 34 on trouve déjà le vers :
Oh! comme elle a souffert! la corde l’a coupée,
Elle saigne ze
Ce vers, biffé, a été rejeté à la fin où il devait produire tout son effet.
La fin, d’ailleurs, a été remaniée, augmentée; au feuillet 35, il y a un grand béquet.
En marge, deux vers restés inédits :
Ce sont tout simplement des âges exécrables.
On ne croit plus À rien et c'en est là le fruit.
Les titres des divisions ont été ajoutés à l’encre rouge dans tout le poème : L’[ra- LIE — RATBERT, ainsi que les dernières corrections, indiquées avec la même encre.
WELF, CASTELLAN D'OSBOR (11).
Au- dessous du titre de la couverture, ce sous-titre, non publié : Légende en un
aële.
3° un passage du Troisième jour, depuis :
Oh! laissez-moi cacher mon front sous mon manteau.
jusqu’à :
et de la quantité
De mépris qui convient À votre majesté.
Quelques petits fragments collés çà et là appartiennent également à la première
version.
Quatre mois après, Victor Hugo développe /es Reproches du vieux pisan et leur donne
pour titre : la Triffeffe d'Elcis ; il intercale trente-deux feuillets et établit des divisions; la pièce était terminée le 27 novembre 1857, au moment où il préparait le poème : L'Italie — Ratbert ; il songea alors à en faire une des Quatre romances de Ratbert; on se rappelle deux vers biffés que nous avons indiqués dans la description des Conseillers
probes et libres :
Un seul homme, un vicilard, par mégarde, eff entré; 17 voulait s'en aller; son Altefe a dit : reste.
Si l’on rapproche ces deux vers de ceux-ci, publiés dans la même pièce :
On voit, devant Ratbert, trois haches destinées La première.
La troisième À celui dont l'avis déplaira.
On peut supposer que c'était peut-être là l’entrée en scène d’Elciis et que la hache qui le frappe dans la version définitive était déjà préparée pour lui.
Au moment de la publication, Victor Hugo trouve le titre définitif; il hésite cependant entre quatre et sept jours, et, de sa grosse écriture, sur large papier, sans doute vers 1880, il écrit les trente-quatre premiers vers, sorte d’introduction au
poème.