REVUE DE
La Légende des Siècles reçut un accueil chaleureux. L'œuvre avait conquis à peu près tous les suffrages par sa hardiesse, sa nouveauté, son originalité, la splen-
NOTES DE L'ÉDITEUR
couverture. Victor Hugo avait consenti à ce qu'Hetzel se réservât le verso du tome Il pour son catalogue de livres. Paul Meurice, qui n'avait pas été averti, s’y était opposé. De là, petit différend rapidement apaisé à la demande de Victor Hugo. En apprenant que Paul Meurice et Hetzel avaient échangé une cordiale poignée de mains, le poëte écrivait à
Hetzel :
Tout est bien. On est content de l'autre côté du détroit, comme disent ces bons anglais, un discord entre Meurice et vous me causerait une peine que je ne peux dire. Soyez amis en moi. Meurice pour moi ne peut pécher. Ilest dévouement par le cœur et poésie par l'âme, je ne suis pas assez bête pour dire jamais:
nimium dilexit amicum.NVous, vous savez comme je vous aime aussi. Donc, aimez-le. Je mets vos quatre mains dans les deux miennes.
Savez-vous que, depuis trois mois, tout en corrigeant minutieusement ct scrupuleusement mes épreuves, Meurice faisait répéter une pièce, et que, par une délicatesse presque féminine, tant elle est charmante, il me lecachait? Meurice est jeune et je suis vieux, ct cependant il y a déjà vingt ans d'amitié entre nous. Et si vous saviez de quelle amitié! exigeante de mon côté, inépuisable dusien! Donc aimez Paul Meurice. Ama Platonem, disait Socrate. Il n’y a pas grand’chose de Socrate en moi, mais il y a beaucoup de Platon dans Meurice.
En mars 1860, Hetzel annonçait à Victor Hugo que les 6,000 exemplaires de l'édition parisienne seraient bientôt épuisés. C’était le succès consacré de la
Légende des Siècles.