‹ PoésieChapitre 206 sur 217 · REVUE DE LA CRITIQUE · texte numérisé non relu

REVUE DE LA CRITIQUE

dans les nues; «Cantique des Cantiques», dit la Bible, ici c’est le Mémento des Mémentos, l’épouvante des épouvantements. Le ver se montre et se raconte tel qu’il'est, incessant et éternel, insatiable et ACSES enlaçant le monde de ses spirales sans bout et sans nombre. Il n’est pas seulement dans la chair décomposée du cadavre, mais dans le corps que l’âge détériore; dans le bonheur qui couve l’adversité, dans la fortune que le souci ronge. .

Son imperceptible morsure détruit la vie, bribe par bribe, et l'engloutit par générations. De strophe en strophe, on le voit grandir, se dérouler, s’allonger, étreindre les siècles, envelopper la Nature, jusqu’à ce qu'il se dresse d’un jet sur le ciel, et que, comme lé Dragon oriental, il aspire les astres et dévère les constellations.

. Œuvre démesurée, peuplée de types innombrables, nous ne l’entrevoyons aujourd'hui qu’à travers la poussière des combats qu’elle a soulevés. Que sera-ce quand l'avenir l’aura pacifiée, lorsque le recul des années Paura fixée dans l’harmonie et dans la lumière! Ce qu'on peut dire dès à présent avec assurance, c’est que tous les temps nous envieront l'avènement et le règne, la présence et l'influence vivante d’un tel poète, et que tout un côté de notre siècle portera son nom.

Le Livre d'or.

Émile BLÉMONT.

Le monde des lettres et des arts fut tout entier transporté d'enthousiasme à l'apparition de cette éblouissante galerie de chefs-d’œuvre, qui nous mène de la première aurore « hors des temps ».

Fütil jamais semblable puissance de divination, d’évocation, de résurrection parfaite ? Ce qui n’avait plus de forme revêt la beauté souveraine; ce qui n'avait plus d’existence devient éternel. Les âmes des générations éteintes surgissent tour à tour de la nuit des temps, et l'immense passé obscur rayonne cofhme un ciel noir qui s’étoile, en attendant le lever du soleil sans déclin.

Revue des Deux-Mondes. ja Émile MONTÉGUr.

La vraie préface de la Légende des Siècles,

c’est le quatrain que le: poète adresse à Ja France :

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