OZANAM
On est prompt à mettre sur le marché les nouvelles sinistres qui font voir le mauvais côté du prochain ; quant au bien que l'on en sai*
Les Cèdres, lundi, 1er août 1887
Ce dont le inonde est remplL — Que le repos n^est pas la paix. — ^De la discorde entre les familles, moyen d*y remédier.
Le monde est rempli d'affirmations gratuites.
La paix de Tâme, voilà la vraie, voilà la grande richesse.
Il faut bien distinguer entre la paix et le repo8,
La paix est avant tout charitable ; le repos n'est le plus souvent qu'égoïste.
On peut ne pas avoir le repos, tout en ayant la paix.
Le chrétien, souvent, pour avoir la paix, sacrifie le repos. C'est une grande marque de sagesse. Peu de personnes ont cette note à leur avoir.
" Si vous recherchez du repos en cette vie, comment arriverez-vous un jour au repos étemel ? N^
gérées, les langues médisantes, les langues calomniatrices.
Madame X dit un mot désagréable contre sa belle-sœur. Je l'entends. A quoi bon le colporter ?
Quand je distribuercds tout mon bien 'pour la nourriture des pauvres, et que je livrerais mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne ms sert de rien.
S. Paul aux Corinthiens.
Conversion au catholicisme de Anastasiadis, abbé d'un monastère de première classe, chez les Grecs schismatiques.
Motif de sa conversion : la stérilité de TEcrlise grecque schismatique. L'Eglise catholique fait sans cesse des conquêtes ; les prêtres sont partout,où sont les missionnaires de TEglise grecque ?
On élève en France une potence pour le meurtrier Pranzini et une statue en Belgique à Jules Guislain, fameux aliéniste.
Faut-il, pour diminuer le crime, augmenter rinstruction ou favoriser la religion ?
M. Paul Perret démontre dans la Revue du monde catholique que l'instruction, si elle n'est accompagnée de la religion, ne fait qu'augmenter le crime.
Décès de M. Caro, professeur de philosophie à Paris. Il a combattu le matérialisme sous toutes ses formes. On lui reproche de ne pas s'être assez inspiré, dans ses solutions, du sentiment
Les Cèdres, jeudi, 4 août 1887
Héros inoonnu : Antoine Lalonde.— Comment il descend un jour les Bapides, mort de ses compagnons. — Huit hommes sauvés.à la fois. — A la nage entre la Pointe des Gôdres et l'De à l'Ail. — Gomment lialonde sauve l*6quipage et les passagers de la Sainte -Hélène.
Jo3 Vincent, batelier et sauveteur émérite, recevait au mois dernier la visite de M. Eoss, gouverneur de rétat de Wisconsin. Ce nom me remet en mémoire celui d'Antoine Lalonde, des Cèdres.
Le récit de ses exploits mérite de passer à la postérité.
. C'était le 22 août 1854.
Antoine Lalonde ( qui avait alors 18 ans ), Toussaint Eodrigue, son grand'oncle, Martin Sauvé et François Desparrois, partent en canot, des Cèdres, sur les 5 heures du matin, pour se rendre à St-Timothée, sur la rive sud du St-Lau- ^'^nt.
Peu après leur départ, la brume commence à
Z" Quelle énex^ie, quelle habileté Lalonde n'avaitil pas déployées !
En 1863, uq' radeau prend le chemin de la
chute au che huit
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tre de 9 dans un l'eau eut traverse installe t
En 18
venait d( ieawie, lo navire, à
pieds de page 14 Commen voua, vo; Lalonde Le haï laisse en bateau.
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libérateur. Lalonde traverse plusieurs endroits dangereux et s'approche de plus en plus du bateau.
Mais, comment sauver tout ce monde ? Le plan est tout organise^/ dans la tête de Lalonde. n a dans son bateau une ligne, une bouteille et un morceau de bois. C'est assez. Il lance à l'équipage sa bouteille attachée à la ligne et au morceau de bois pour faire flotter le tout. On ouvre la bouteille qui renferme une note, celleci : attachez un gros cable au bout de cette ligne. C'est ce que l'on fit. Lalonde eut bientôt dans les mains l'extrémité de ce cable. Il se dirigea sur l'île aux bouleaux et l'y attacha fortement. L'équipage de son côté attachait au vapeur l'autre extrémité. La chaloupe de la Sainte-Hélène fut mise à l'eau et les passagers n'ayant qu'à tirer le long de ce cable furent débarques sains et saufs dans l'île aux bouleaux.
Des faits de ce genre sont au dessus de tout éloge.
On ne peut qu'admirer en silence.
Antoine Lalonde a t-il été récompensé ? Je l'ignore.
Mon père, G.-F. Baillairgé, fît connaître ces hauts faits à la Société française de Sauvetage Celle-ci lui fit réponse que, malgré son désir d'accorder une médaille d'honneur à Lalonde, elle devait y renoncer vu qu'il était de l'étranger.
ait relativertient si peu d'écoliers d'abonnés ? Courage et persévérance !
Enfin, de la pluie ! Dieu soit béni.
Un coup de tonnerre ! c'est la grande voix de Jéhovah dans les airs.
La question du Surmenage intellectuel est à l'ordre du jour. L'Académie de médecine de Paris vient d'en faire l'objet d'une discussion sérieuse.
On afiSirme sur tous les tons que les programmes en France, sont trop surchargés, que l'on force trop l'esprit de la jeunesse, que la santé souffre énormément de ce régime et que le monde intellectuel n'est guère plus riche en fin de compte.
Nous avons au Canada une tendance à imitrquelque peu les Français sur ce point. •
Une autre tendance, plus dangereuse encore, est de travailler à diminuer les études véritablement cla§sique8,sous prétexte de les rendre plus universellement pratiques.
Le point de vue des collèges attire seul, ici, mon attention.
L'instruction et l'éducation doivent sans doute Approprier aux besoins du siècle. Est-ce à dire qu'il faille briser avec toutes les traditions ?
" L^omme naît-il aujourd'hui sous un autre ciel et sur une autre terre, avec un autre corps, une autre âme, une autre intelligence, d'autres passions, d'autres besoins, pour qu'il soit nécessaire de tout changer?"
De Bonald.
Il faut plus de sciences que par le passé. Très bien. Mais faut-il à cause de cela négliger le principal pour l'accessoire ?
U faut apprendre des choses qui servent.
de ce qui est en lui. EL faut savoir apprendre, savoir user de ses facultés, savoir raisonner, en un mot. A quoi bon des armes, si on n'a pas la force de s'en servir ou si on ne sait pas les manier.
On forme la volonté du jeune homme en lui donnant de bonnes habitudes, et on lui donne de bonnes habitudes en lui faisant pratiquer le bien, pratique du bien qui consiste surtout dans la pratique de l'obéissance.
Tout ce qui gêne l'homme le fortifie.
n ne peut obéir sans se perfectionner....
De Maistre.
Quant à l'homme pratique et parfait, il ne devient tel que par la réflexion, l'expérience et les combats de la vie.
Ecoutons sur cette matière l'illustre auteur de Y Art cCarriver au vrm :
" L'enseignement se propose deux objets : lo. Donner aux élèves les éléments des sciences. 2o. Développer leurs facultés» afin,* qu'au sortir des écoles ils soient en état de s'avancer, en proportion
de leur capacité, dans la carrière qu'ils auront choisie. " (page 184).
Jacques Balmes.
Le célèbre auteur de la Législation primitive n'a pas une doctrine différente :
" Que saura donc le jeune homme en sortant du collège ? Rien, pas même ce qu'il aura étudié ; car que peut-on savoir à dix-huit ans ? Mais si la nature a secondé l'éducation et l'éducation la nature, il aura Pesprit ouvert ; il aura la connaissance d'un ordre, des sentiments d'affection envers ses semblables ; il aura l'habitude de l'obéissance, de l'obéissance surtout... car c'est ici un avantage auquel nul autre ne
peut être comparé. "
De Bonald.
Ce grand penseur ajoute un peu plus loin :
" L'éducation d'un jeune homme a réussi, si elle lui a donné les dispositions nécessaires à acquérir les connaissances de son état, et surtout à en pratiquer les vertus. "
Le baron de Gerlache, publiciste belge distingué, écrit de nos jours :
** Le but de l'enseignement est de donner aux jeunes gens la clef des sciences et surtout de leur form l'esprit et le jugement. "
L'écolier donc qui a fait un cours d'études, suivant les saines traditions, n'est ni un savant ni un homme, mais il a tout ce qu'il faut pour faire l'un et l'autre.
** Si les Jésuites tiemient aux anciennes méthodes, écrit l'annotateur des Pensées de De Maistre, c'est qu'ils tiennent â faire des hommes. "
C'est cela. Faisons comme eux et laissons dire.
" Nous accusera-t-on, s'écrie Dom Benoît, d'être les ennemis des sciences humaines ? Mais on pourrait avec autant de raison accuser un musicien ou un peintre de mépriser Tescrime ou la gymnastique, parce qu'il ne consacre pas la moitié de son temps à ces exercices. C'est un vieux proverbe : in omnibus respi. cefinem : en tout il faut savoir se borner, pour ne pas négliger le principal au profit de l'accessoire. Un prêtre ( par exemple ) doit exceller dans la connaissance de l'Ecriture Sainte et des Pères, dans la théologie, le droit canon et l'histoire ecclésiastique ; pour les sciences humaines, il lui suffît de connaître ce que doivent savoir des esprits cultivés, c'est-à-dire d'avoir des notions générales. ( 1 )
( 1 ) Les Erreiurs modernes. II 416.
Ce qui tSoit attirer l'attention au Canada, c'est le choix despî^esseurs. D ne suffit pas d'avoir «n peu de Vf« ^<>^'*^ P°"^ ^^ <^P*ble de façonner unSffm ^ ^''"^^ ^« ^'^'''^"'^
parfait. ( 1 )
( 1 ) Pour donner les éléments^i|^^®^^®®' dit Balmès, il suffit d'un maître niédio^if^^^^ instruit
Quant au développement des facultés du jeune homme,le philosophe espagnol exige des hommes d'un mérite véritable,^^ les difficultés de l'entre^ prise :
" Celui qui regarde les jeunes intelligences confiées à ses soins, non comme des toiles neuves sur lesquelles on esquisse quelques traits plus ou moins marqués, mais comme un terrain qu'il peut et doit rendre fertile, à celui-là incombe une œuvre plus élevée, un plus difficile labeur. Etre à la fois clair et profond, intéresser et instruire, unir les combinaisons à la simplicité, conduire les intelligences par des chemins faciles, et leur enseigner en même temps à vaincre les difficultés dont la route des sciences est toujours hérissée, signaler les défilés par lesquels ont passé les inventeurs, les obstacles qu'ils ont franchis ; inspirer le goût, l'enthousiasme du beau, qui est la splendeur du vrai ; donner au talent la conscience de ses fo: sans surexciter l'orgueil ; soutenir les faibles e*-
Le professeur digne de ce nom doit joindre à
couvrirjusque dans les défauts les germes du bien, telle est la tâche de celui qui regarde l'enseignement, non comme une moisson qu'il doit récelter lui-même, mais comme une semence d'avenir ; tâche sublime, mais souvent ingrate, et qu'il faut remplir sous l'œil de Dieu. "
Et plus loin :
" L'homme est un microcosme. Ses facultés sont nombreuses et diverses et il a besoin d'harmonie : or, point d'harmonie sans une juste combinaison de toutes choses ; point de juste combinaison à moins que chaque chose ne soit à sa place et n'entre en mouvement ou ne s'arrête à propos. On a comparé l'pomme û, une harpe ; let facultés de son âme sont comme des cordes harmonieuses. L'homme laisse-t-il inactives quelques-unes de ces facultés, l'instrument est incomplet ; il le met en désaccord s'il les tend outre mesure ou s'il les touche d'une main inhabile. La raison est froide, mais clairvoyante : échauffez-la sans l'obscurcir. Les passions sont aveugles, mais pleine d'énergie ; dirigez-les, mettez leur énergie à profit. L'entendement assujetti à la volonté, la volonté assujettie à la morale, les passions soumises à l'entendement et à la volonté, toutes les facultés éclairées, dirigées par la religion, voilà l'homme complet, l'homme par excellence ! En cet homme la raison dirige ; elle éclaire de son flambeau les réalités de la vie : l'imagination tient le pinceau et fournit les couleurs, le sentiment vivifie, la religion divinise.
rage , la science, la méthode, la patience, la dou- %
ceur et l'esprit d'observation.
On ne paye jamais trop cher un bon professeur.
Avec les salaires minuscules que l'on donne, au Canada, il est difficile de s'attacher pour longtemps à un établissement ; on aime à avoir plus de cinq centins devant soi, en cas de marladie, ou de nécessité des proches.
Dans les conditions actuelles, $100.00 par an, je doublerais le salaire après 5 ans de professorat ; je le triplerais après 10 ans. La proportion serait donc : $100.00, $200.00, $300.00.
Soit dit sans reproches, car nos maisons d'éducation, en général, sont pauvres.
Heureusement pour notre pays que l'esprit de sacrifice a pu suppléer jusqu'à ce jour au défaut de capitaux.
Les Cèdres, samedi, 6 août 1887
Ils .ne 8^en 'aperçoivent plus. — Delà dentelle pour avoir. — Grave I — Trois dictionnaires. — Une jolie église.
Il y a des gens qui ont tellement l'habitude de mal parler du prochain qu'ils le font, dans certains cas, sans même y penser.
Demandons-nous donc chaque soir : " Ai-je parlé mal du prochain, aujourd'hui " ?
Les journalistes,comme les autres, feront bien de se poser aussi cette question.
On me disait aujourd'hui de Madame X : " Que son mari vienne à mourir, elle n'aura pour tout avoir que des robes, des dentelles, des chapeaux et des plumes !"
Ne peut-on pas dire la même chose de plusieurs autres femmes ?
Une dame étrangère parlant d'une ville du
Les Cèdres, dimanche, 7 août 1887
Savoir se taire. — Pierre Cholet. — A Poooaâon de quelques visites.— Ce jeune ivrogne peat-il courtiser votre fille ?
Si VOUS êtes jeune et si vos œuvres ne sont qu'ordinaires en fait de littérature, gardez-vous, devant confrères, de critiquer plus vieux et mieux posé que vous, car,- une fois absent, vous vous ferez déchirer à belle dent et non sans raison. La jeunesse du reste; règle générale, doit être lente à se prononcer. L'appétit vient en mangeant dit Tadage, la sagesse, elle, vient en ne mangeant pas ou mieux, elle vient en aUen^ dant,
Pierre Cholet ou V enfant perdu et retrouvéy œuvre du Révd M. Proulx, se vend beaucoup et se lit avec grand intérêt. Bon ouvrage à mettre dans une bibliothèque paroissiale et dans une bibliothèque de famille. — Le héros de l'histoire est d'une paroisse voisine, St-Polycarpe.
J'ai fait aujourd'hui plusieurs visites. Les Canadiens observent bien le repos du dimanche. On trouve partout : paix, toilette et gaieté. Les anciens disparaissent peu à peu. Les figures nouvelles se multiplient.
Au milieu de ce renouvellement incessant de l'humanité, on sent une marche forcée de l'homme vers l'éternité et l'on comprend que la seule chose importante et stable, pour le moment, c'est le salut.
Qui a bu boira* Jeune homme, ne buvez point et vous ne boirez jamais. C'est presque une vérité de M. de la Palisse.
Madame, puisque ce jeune homme boit, fermez-lui votre porte, c'est le seul moyen de le corriger ou de vous en débarrasser.
Le recevoir, c'est travailler au malheur de votre fille ou lui faire perdre un meilleur parti. Si toutes les bonnes familles s'entendaient
pour ne point recevoir les jeunes buveurs, le nombre de œs malheureux diminuerait.
On est lâche ; or les lâches ont plus à souffrir que les combattants !
Les Cèdres, samedi, 13 août 1887
Point d'étiquette. — Avant de donner. — Son rave I — Oxos nés. Elles ne s'en doutaient pas. — Galedonia Springs.
Plusieurs ont le talent de ne point répondre aux lettres qui leur sont adressées. C'est un manque d'éducation.
Avant de faire des cadeaux consultez donc ce que vous devez, puis ce que vous pouvez.
" Mon rêve,disait naïvement mademoiselle C, à mes sœurs, c'est de me décolleter."
Heureusement qu'elle a une maman qui ne la laissera pas rêver !
A quinze ans cet enfant aura le nez gros com^ me un œuf. Pourquoi ? Parce que sa chère ma-
man n'a pas assez d'autorité pour l'empêcher de s'y mettre à chaque instant les doigts.
J'ai remarqué deux jeunes filles dont l'une s'est passé les mains sur la figure ou dans les cheveux 13 fois en deux minutes, et l'autre 72 fois en f d'heure. C'est du ridicule à la 7ième puissance. Ces deux demoiselles ne gavaient pas qu'elles avaient cette vilaine habitude. Elles le savent maintenant ! Entre petits parents, il est bien permis de se donner conseil ( 1 ).
On me conseille les eaux sulfureuses de Caledonia Springs. Je laisserai donc encore une fois : la maman, Blanche, Frédérica, les Eapides, etc.
( 1 ) L* habitude de se passer les mains dans la figure est nuisible à la peau et la cause de plusieurs maladies.
La Prairie, dimanclie, 14 août 1887
Le Bév. F. Bonrgeanlt. — Bév. A. Laçasse. — Mlle Barbe. — Félaniae. — Marie. — Joseph. — Le chien. — Les chats. — Visites. — Chaussée.
Il est bien permis d'allonger un peu son chemin, pour voir de bonnes anciennes connaissances !
J'aime à revoir ce village où se sont écoulées les trois premières années de mon ministère.
Le Eév. M. Bourgeault, curé de La Prairie vieillit peu. C'est le cas de dire : " le travail ne tue point ".
La Prairie compte 2000 communions, ce qui suppose une population de 3000 âmes. Le village seul renferme 1400 âmes.
Le Eév. M. Laçasse, vicaire,conserve,en dépit d'une froideur apparente, les bonnes manières qui sont le fruit de la bonne éducation. Il n'est à La Prairie que depuis trois mois.
Mlle Bourgeault, sœur de M. le Curé, porte allègrement ses cinquante et quelques années.
Félanise Masson, satisfaite de ses longs états
partout, tion de vastes lins garnis de à l'abri du so-
ïe trouve .une a fois un gym- 11e de danse au
épendancea de quea, une jolie P. S. S., Le K.
I Montréal et e à la bonne di, quiestpro-
distance de noposition.
Caledonia Springs, jeudi, 1& août 1887
Sources de Caledonia : la salinet la ganeuse, la sulfureuse, — Comment on use de ces eaux.
Il y a trois sources à Caledonia : la saline, la gazeuse et la sulfureuse.
Voici la direction à suivre dans Temploi de ces eaux.
Avant le déjeuner. Un ou plusieurs verres d'eau saline. Elle produit plus d'effet chaude. Elle se rapproche de l'eau de St-Léon, mais elle est beaucoup moins forte. On en met à la porte de la chambre, chaque matin, comme à St- Léon ( avoir soin de sortir le pot, le soir, et de le mettre à la porte ).
Entre les repas. D'heure en heure, un bon verre d'eau sulfureuse. Ne commencer qu*une heure après chaque repas, pour donner à la digestion le temps de se mettre en marche.
Le soir. Peu de temps avant de se coucher.
{3 d'eau gazeuse. Cette eau res vertus, celle de faire dor*
urces de St-Léon aient quelpoétique, on se familiarise cej avec celles de Caledonia.
e a le défaut de sa qualité, lit boire qu'avec répugnance, [uatre jours. On s'y fait enilus.
t des bains est parfaitement
)remières fois, doivent être de
uer que les bains chauds d'eau la même choai; pour l'eau de sent beaucoup moins que les Il douce.
Galedonia Springs, vendredi, 19 août 1887
A propos d'une dame irlandaise. — Les ooquecigrues. — Un coup d*œil sur les habitués de l'Hôtel. — Mgr O'Mahony et M. Gurran, M. F. — Un moyen de connaître le caractère d'une personne. — A quoi bon ces reproches ? — Ce qu'il faut pour bien jouer aux cartes.— Jeux de cartes qu'il est à propos de savoir.
On peut être à la fois très modeste et très agréable. Une jeune dame irlandaise qui se trouve à ma table réalise tout à fait l'idéal de ce côté.
C'est une leçon pour les pimpantes qui ne savent pas ce que c'est qu'une gorgerettôf disons mieux qui ne savent pas ce que c'est qu'un couvre-épaules,et qui seront un jour forcées de brûler ce qu'elles adorent aujourd'hui.
Soyons juste en disant que la plus grande modestie règne ici dans les toilettes.
Ce n'est pas tant dans les places d'eau qu'au théâtre, et à l'ouverture des sessions à Ottawa, que la sottise s'aflBche de ce côté, si je suis bien informé,comme je le crois.
On me dit que ces coquecigrues, règle générale, n'ont pas de sang canadien dans les vei-
nés. Tant mieux pour Thonueur de notre race. Dans l'état de nature déchue, démasquer au .physique c'est masquer au moral.
Il y a ici peu de Canadiens, plusieurs Irlandais et beaucoup d'Anglais.
Plusieurs familles riches de Montréal sont représentées.
Le nombre des infirmes est assez considérable.
La majorité des habitués de l'Hôtel se compose de personnes dont l'âge est au-dessus de la moyenne.
Pas d'enfants.
On vient chercher à Caledonia le repos ou la guérison du rhumatisme. On y trouve effectivement l'un et l'autre d'après ce que je vois et ce que j'entends.
Mgr O'Mahony, évêque démissionnaire d'une ville d'Australie, aujourd'hui curé d'une des paroisses de la cité de Toronto, et M.Curran, M.P., aont de très agréables causeurs.
Mgr O'Mahony a des connaissances étendues sur toutes les matières.
M. Curran est plein d'histoires agréables. !!• a toujours le mot pour rire.
On joue beaucoup aux cartes ici. On ne joue pas à l'argent.
Voulez-vous connaître une personne, invitezlà à jouer aux cartes, avec vous si vous jouez mal, contre vous si vous jouez bien.
Sa manière de faire vous dira son éducation, son tempérament, sa perspicacité, son esprit de calcul ; vous verrez si elle est distraite, si elle a du jugement, du tact, de la patience, de la vertu.
Un homme qui se fâche aux cartes et qui dit à son vis-à-vis des paroles désagréables, se fâchera et parlera semblablement en bien d'autres circonstances.
Une personne qui perd l'équilibre pour si peu de chose n'a pas été formée ; si ulle a été for-
icre un lé-
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millement
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m vis-à-via 1 au moins
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anda efforts Sgère erreur roches sand. " " Que un homme n." "Faites a pas remar- 3ème tour ?" lia, maisenactère et le
On devrait savoir que tous n'ont pas les mêmes aptitudes.
Pour bien jouer aux cartes il faut ne pas converser ; il faut remarquer, retenir, calculer. Théorie facile ; pratique à la portée du petit nombre seulement.
Encore une remarque, puisque j'en suis sur les cartes
Je joue. Vous ne jouez pas, mais vous êtes dans mon dos. Vous n'avez pas besoin de crier à tue-tête : " Ah que cet homme-là joue mal." Le résultat sera que, perdant la tête, mon jeu n'y gagnera rien, tout au contraire.
Lorsque quelqu'un fait une faute, on lui dit sans avoir l'air d'y tenir : " A votre place, j'aurais joué telle carte et non telle autre, pour telle et telle raison ". De cette manière, on instruit et on ne blesse point.
C'est avec le miel que l'on prend les mouches et non avec le vinaigre.
Il est bon de se famiUariser avec les jeux sui-
, Whiat, Euchre, Décousu, Bézigiie, 3, Piquet, Pitro, etc., etc.
3si certains jeux que l'on peut jouer t utile d'en savoir un ou deux.
La BpTingB, samedi, 20 août 1887
Ulg âe ploineB et l'hjgièna. -~ Dsdhb irlandalHi,
euse dans une chambre n'est pas de oudrais voir ici cette berceuse.
1 lit, il ue me parait guère doux. Il' it cependant juger trop vite en cette ^s lits les plus moelleux sont soulins bons. Ne me parlez pas de pail- ) le sommier et le sommier élastique.
ez pas non plus de lits de plumes, ne si je pardonne aux oreillers de 1 pourquoi donc î C'est que la plume ju'il y a de plus contraire à lliygiè-
ne du repos. Ceux qui en doutent peuvent consulter sur ce point le célèbre Fonssagrives.
Après le souper, dans la salle des jeux, danses des serviteurs et des servantes de THôteL
Sauf une ressemblance de valse par un couple qui avait grandement Tair trognon de chou^ tout fut parfaitement convenable ; on devait s'y attendre, les employés se composant en grande partie d'Irlandais catholiques. Les danses irlandaises ont de la grâce et du bon sens.
Galedonia Springs, dimanche, 21 août 1887
Bismuth et guerre intestine. — Dans notre chapelle. -^ Dans leur temple.— Exagération.— Que la Bible n'est point la seule règle de la foi.
Nuit massacrante. Douleurs qui me font croire à un commencement d'inflammation des intestins. Je le note pour marquer en mêi
Sur mer, un jour, — c'était le dimanche — je jouais aux échecs, sur le pont, avec un des passagers. Le capitaine survenant nous prie de discontinuer. Nous cessons à l'instant et je lui dis en souriant ; " Sur quoi s'appuient les protestants pour interdire de semblables jeux, le dimanche ? " Pour toute réponse.
Il garda de Conrad le silence prudent.
Les protestants font de la Bible l'unique règle de la foi, et laissent de coté toute tradition qui ajoute au ^ texte sacré. Pourquoi dès lors admettent-ils l'inspiration de certains livres, lorsque l'Ecriture ne dit rien de l'inspiration de ces livres. Ils regardent comme valide le baptême donné par un hérétique. Ils ont raison, mais ce n'est pas l'Ecriture qui leur affirme cette validité. Ils subissent donc le joug de la tradition. Ils sont obligés d'être catholiques malgré eux.
Les Apôtres, on le voit au livre des Actes (1), règlent que les chrétiens devront ^'abstenir <