‹ PoésiesChapitre 10 sur 87 · SUR LE CHRIST DE VAN-DICK · texte numérisé non relu

SUR LE CHRIST DE VAN-DICK

Au calvaire où pour nous sur la croix il s'immole Volis jetiez à genoux les apôtres, leurs yeux Tournés avec ferveur vers le nouveau symbole ;

Les madones en pleurs et regardant les cieux ; Et sur leurs fronts pâlis rayonne l'espérance; Et le ciel, dans un coin, là-haut s'ouvre joyeux!

Pour l'artiste, aujourd'hui, Jésus-Christ est bien mort; Et si Van-Dick le peint sur son gibet, sa tête Est dans l'ombre, et paraît ployer sous le remord.

Devant votre œuvre on sent que la sainte souffrance Disparaîtra bientôt ; que Jésus est plus fort, Et que lui, comme vous, croit à sa délivrance.

On ne croit plus, hélas! au réveil du prophète. Lui-même il désespère et râle sans adieu ; Il sombre tout entier dans une nuit muette.

Tout est dit. Dans le ciel pas un seul rayon bleu, Plus de Vierge, devant le nimbe d'or qui plane Pleurant encor son fils en adorant un Dieu !

Les apôtres ont fui. La sainte courtisane

N'use plus de baisers la chair froide. Plus rien!

Plus rien qu'un noir serpent qui rampe autour d'un crâne !

O blasphème ! Jésus meurt tout seul, comme un chien!

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