L'ENSEVELIE
J'ai lu dans le regard que ton silence arbore.
Tu nous disais : « Je suis la souterraine amphore
Dont nul n'a respiré les parfums précieux,
Orgueil des jardins frais de Perse ou du Bosphore.
Je suis le vase clos et perdu pour les yeux .
Vivez, chantez, riez! Étalez sous les cieux
Vos cyniques ennuis, comme un fumier fétide !
Je suis l'urne, plus riche encor que l'Atlantide,
Ensevelie au fond d'un temple pompéien,
Sous l'angle protecteur d'une cariatide ;
J'abrite dans la nuit un trésor très-ancien!
Aimez au jour le jour, sans flamme au cœur ! Le mien
N'embaumera jamais votre détresse immonde!
Avant qu'il ait pu battre et s'ouvrir à ce monde,