APRES LE BAIN
Des perles encor mouillent son bras blanc. Couchée en un lit de joncs verts et d'herbes, Le sein ombragé d'un rameau tremblant, Au bruissement des chênes superbes, Aux molles rumeurs des halliers épais, Non loin de la source elle rêve en paix. Tandis qu'au rebord des souples lianes, Sur son reflet nu se figent pâmés Les flots du bassin, lèvres diaphanes, Sous les noirs treillis au ciel bleu fermés, Les yeux demi-clos, chargés de paresse, Elle a renversé la tête, et caresse D'un baiser brûlant et vague à la fois Le souffle lointain qui monte et qui passe, Immense soupir amoureux des bois.
Et tout souvenir en son cœur s'efface ;