SALVATOR ROSA
Qu'avais-tu dans ton cœur, maître à la brosse ardente, Pour que sous ton pinceau la nature en fureur Semble jeter au ciel une plainte stridente, Et gémir aux abois dans sa sinistre horreur?
Pourquoi dédaignais-tu les riants paysages, Les lointains vaporeux et les doux horizons, Les ruisseaux transparents, et sur de frais visages L'ombre du vert printemps qui fleurit les gazons?
Il te fallait à toi le ciel couvant l'orage ; Quelque ravin bien noir où mugisse un torrent Vomissant à grand bruit son écume et sa rage, Quelque fauve bandit sur les rochers errant