‹ PoésiesChapitre 72 sur 87 · LE VIEUX SOLITAIRE · texte numérisé non relu

LE VIEUX SOLITAIRE

Je suis tel qu'un ponton sans vergues et sans mâts, Aventureux débris des trombes tropicales, Et qui flotte, roulant des lingots dans ses cales, Sur une mer sans borne et sous de froids climats.

Les vents sifflaient jadis dans ses mille poulies. Vaisseau désemparé qui ne gouverne plus, Il roule, vain jouet du flux et du reflux, L'ancien explorateur des vertes Australies.

Il ne lui reste plus un seul des matelots Qui chantaient sur la hune en dépliant la toile. Aucun phare n'allume au loin sa rouge étoile ; Il roule, abandonné tout seul sur les grands flots.

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