‹ Poésies, 1864-1887Chapitre 116 sur 141 · A ETELKA · texte numérisé non relu

A ETELKA

OIS le Danube, ô bien-aiméc, Etreignant cette île en son cours.

Telle, en mon cœur, ô mes amours, Ta pure image est enfermée !

Vois, trempé dans le flot grondeur, Ce rameau vert qui se balance ; Et laisse la verte espérance Se glisser de même en mon cœur !

MA tEMMli ET MON SABRK

'EST la nuit. Le pigeon se tient au bord du toit, Et là-haut, dans le ciel, brille une étoile amie. Ma charmante repose, en mes bras endormie... Dieu! si je l'embrassais, comme j'en ai le droit!

Je veux — oui ! je le puis — la tirer de son rêve, Voir s'ouvrir ses beaux yeux alanguis de sommeil, Et lui tenir tout bas ces propos du réveil Qu'interrompt le baiser, qu'une caresse achève.

Joie infinie ! Amour incessamment accru ! Bonheur doux et brillant comme une perle claire!... iMais mon vieux sabre, à qui cela semble déplaire, De son coin nous regarde et prend un air bourru.

Qu'as-tu donc, animal ? Est-ce que tu me blâmes ? Ne puis-je pas serrer ma mie entre mes bras ? Camarade, ceci ne te regarde pas.

Homme, tu n'entends rien aux affaires de femmes \

Ne la jalouse pas et calme-toi, mon vieux. Elle est, ainsi que toi, très brave, ma chérie. Que mon bras soit utile à la noble Hongrie, Bientôt, demain... Alors tu la jugeras mieux.

Oui-da! tu n'aimes pas les femmes... Mais la nôtre. Lorsque retentira le cri de liberté, Nous bénissant, voudra te ceindre à mon côté, Et nous dira : « Soyez fidèles l'un à l'autre ! >■>

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