‹ Poésies, 1864-1887Chapitre 2 sur 141 · A MA MÈRE · texte numérisé non relu

A MA MÈRE

I 'est une vieille fille en cheveux blancs; elle est Pile et maigre ; un antique et grossier chapelet S'égrène, machinal, sous ses doigts à mitaines. Sans cesse remuant ses lèvres puritaines D'où tombent les PaUr nosUr et les Avf, Et laissant son tricot de laine inachevé, Droite, elle prie, assise au coin d'un feu de veuve, Dans sa robe de deuil rigide et toujours neuve.

Le logis est glacé conmic elle. Le cordeau Semble avoir aligné les plis droits du rideau, Qpe blêmit le reflet pJile d'un jour d'automne ; Et, s'il vient un rayon de soleil, il détonne Et sur le toi découpe un grand carré brutal. Le Ul est étriqué comme un lit d'hôpital. L'heure nurchc un» bruit sous son globe de verre. Tout est froid, triste, gris, monotone et sévère; Et, près du crucifix penché comme un fruit mûr, Deux béquilles d'cnCinl, en croix, pendent au mur.

Ccsl uiK histoire simple et très niébncolique Qpc raomtc l'étrange et lugubre relique :

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