‹ Poésies, 1864-1887Chapitre 4 sur 141 · LE JOD^GLE U · texte numérisé non relu

LE JOD^GLE U

A Catulle Mexdès

(AS des pédants de Salamanque Et de l'école aux noirs gradins, Je vais me faire saltimbanque Et vivre avec les baladins.

Que je dorme entre quatre toiles, La nuque sur un vieux tambour.

Mais que la fraîcheur des étoiles Baigne mon front brûlé d'amour !

Je consens à risquer ma tête En jonglant avec des couteaux, Si le vin, ce but de la quête.

Coule à gros sous sur mes tréteaux.

POÈMES DIVERS

Que la bise des nuits flagelle La tente où j'irai bivaquant, Mais que le maillot où je gèle Soit fait de pourpre et de clinquant !

Que j'aille errant de ville en ville Chassé par le corrégidor, Mais que la populace vile M'admire, ceint d'un bandeau d'or !

Qp'importe-que sous la^entelle, Devant mon cjTiisme doré, Les dévotes de Gîmpostelle Se signent d'un air timoré,

Si la gitane de Gsrdoue, Qpi sait se mettre sans miroir Des accroche-coeurs sur la joue El du gros fard sous son ccil noir,

Trompant un hercule de foire Stupide et fort comme un cheval, M'accorde, un soir d'été, la gloire D'avoir un géant pour rival !

Croule donc, ô mon passé, croule, Espoir des avenirs mesquins.

Et que je tienne enfin la foule Béante sous mes brodequins !

Que je la voie, ardente, suivre Le cercle pur que décriront Les sonores poignards de cuivre Sur ma tête envolés en rond.

Et que, l'œil fou de l'auréole Qu'allume ce serpent vermeil.

Elle prenne un jour pour idole Le fier jongleur, aux dieux pareil !

I^^OCEC^CE

\J i chétive, une haleine, une âme, L'orpheline du porte-clés Promenait dans la cour infâme L'innocence en cheveux bouclés.

Elle avait cinq ans; son épaule Était blanche sous les haillons ; Et, Hbre, elle empUssait la geôle D'éclats de rire et de rayons.

Un bon vieux repris de justice Sculptait pour elle des joujoux ; L'ancien crime et le jeune vice L'avaient prise sur leurs genoux;

Et, rappelant la mandragore Qui fleurit au pied du gibet, Elle était plus charmante encore Le jour qu'une tête tombait.

Que la bise des nuits flagelle La tente où j'irai bivaquant, Mais que le maillot où je gèle Soit iait de pourpre et de clinquant I

Que j'aille errant de ville en vi'.l Chassé par le corrégidor, Mais que la populace vile M'admire, ceint d'un bandeau d'or !

é^fO'RJ VU SIC^GE

A I-RNFST D'HeRVILLV

Trissonnant jusque dans la moelle, PclcS funèbre et moribond, Le vieux singe, près de son poèlc, Tousse en râlant et se morfond.

Gïmposant, malgré sa détresse, I^ douleur qui le fait mourir, H geint ; mais sa plainte s'adresse Au public qu'il veut attendrir.

Comme une phtisique de drame PAméc en se» neigeux peignoirs, Il joint, avec des airs de femme, Sc« pctiu doigts ridéi et noirs ;

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