‹ Poésies, 1864-1887Chapitre 56 sur 141 · A MADAME E U G É X I F. D O C H E · texte numérisé non relu

A MADAME E U G É X I F. D O C H E

ES que son fiancé fut parti pour la guerre, Sans larmes dans les yeux ni désespoir vulgaire, Irène de Grandfief, la noble et pure enfant. Revêtit les habits qu'elle avait au couvent, La robe noire avec l'étroite pèlerine Et la petite croix d'argent sur la poitrine. Elle ôta ses bijoux, ferma son piano, Et, gardant seulement à son doigt cet anneau, Seul souvenir du soir de printemps où, ravie. Au vicomte Roger elle engagea sa vie.

Aveugle à ce qu'on fait et sourde à ce qu'on dit. Près du foyer, stoïque et pâle, elle attendit. Roger, quand il connut la première défaite. Comme un heureux qu'on trouble au milieu d'une fête. Soupira, mais agit en homme brave et prompt. Prenant congé d'Irène, et coupant sur son front Une boucle de fins cheveux, il l'avait mise Dans un médaillon d'or porté sous la chemise; Puis, sans qu'on le retint ni qu'on le retardât. Il s'était engagé comme simple soldat.

On sait trop ce que fut cette guerre.

Impassible Et de l'absent aimé parl.uit le moins possible,

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