‹ Poésies, 1864-1887Chapitre 59 sur 141 · REPONSE · texte numérisé non relu

REPONSE

Aïs je l'ai vu si peu ! » disicz-vous l'autre jour. — Et moi, vous ai-je vue en effet davantage? En un moment mon cœur s'est donné sans partage. Xe pouvez-vous ainsi m'aimer à votre tour?

Pour monter d'un coup d'aile au sommet de la tour, Pour emplir de clartés l'horizon noir d'orage, Et pour nous enchanter de son puissant mirage, Quel temps faut-il à l'aigle, à l'éclair, à l'amour?

Je vous ai vue à peine, et vous m'êtes ravie ! Mais à vous mériter je consacre ma vie Et du sombre avenir j'accepte le défi.

Pour s'aimer faut-ildonc tellement se connaître, Puisque, pour allumer le feu qui me pénètre. Chère âme, un seul regard de vos yeux a suffi?

Page 1