‹ Poésies, 1864-1887Chapitre 6 sur 141 · LE FEU FOLLET · texte numérisé non relu

LE FEU FOLLET

i AR une nuiid'orage et sous un ciel en deuil, Parfois le paysan, qui sort d'une veillée, Aperçoit au d<itour de la route niuuillce Un feu follet linorinc et fixe comme un œil.

S'il t'avance, dompunt son effroi par orgueil, Le feu recule et semble, au fond de la fcuilléc, ^Ai la brise de mer tordue et travaillée, Ci)« rtiiiiiiiL' J'.il.irinc. .ni loin, siii iii) écueil ;

Mai> > Il um, ic jHJitroii, cl n.-j;.iuiv. tu arrière, 11 voit tout près, tout pràs, l'infcriule lumière Grokkissant et dardant sur lui son oeil mauvais.

() vicuk ditït, pourquoi dotic nie poursuivre encore,

Puisque lu t'ef enfui quand )e te poursuivais?

Q^nd dotK t'd«indra»*tu ?Q;iand donc viendra l'auroïc r

L' H0\0 s C OT E

A Emmanuel G'laser

ES deux sœurs étaient là, les bras entrelacés, Debout devant la vieille aux regards fatidiques, Qui tournait lentement de ses vieux doigts lassés Sur un coin de haillon les cartes prophétiques.

Brune et blonde, et de plus fraîches comme un matin, L'une sombre pavot, l'autre blanche anémone, Celle-ci fleur de mai, celle-là fleur d'automne, Ensemble elles voulaient connaître le destin.

« La vie, hélas! sera pour toi bien douloureuse, » Dit la vieille à la brune au sombre et fier profil. Celle-ci demanda : « Du moins m'aimera-t-il ?

— Oui. — Vous me trompiez donc. Je serai trop heureuse ! »

« Tu n'auras même pas l'amour d'un autre cœur, » Dit la vieille à l'enfant blanche comme la neige. Celle-ci demanda : « Moi, du moins, l'aimerai-je ?

— Oui. — Que me disiez-vous? J'aurai trop de bonheur ! »

FET{T{Um EST Ql^OV c4éMo4C^T

A José-Maria dk Hhredia

3ous les pleurs du jet d'eau qui bruit dans la vasque,

Armidc étrcint les flancs du héros enchairui ;

Près d'Ares, qui de sang ruisselle, Dioné

Mclc SCS fins cheveux aux crins rudes d'un casque.

Donc, ô femme, toujours ton caprice fantasque

Aux boucles des brassards s'accroche fasciné ;

Ton orgueil, par le glaive absurde dominé,

Tombe aijfx pieds des pesants pourfendeurs comme un masque.

Si tu t'oflrcft ainsi, lubrique, & ces vainqueurs, C'ctt qu'il» ont conime toi versé le sang des cœurs, (7e»! que ta livre rouge est pareille à des traces

Sanglante» »ur l'épée aux sinistres éclair»,

lit que, mieux qu'au miroir, dan» l'acier des cuirasses

Tu te plaU & mirer tc« yeux cruels et clairs.

A Amédée Baudit

. o R s du coffret de laque aux clous d'argent, parmi Les fleurs du tapis jaune aux nuances calmées, Le riche et lourd collier, qu'agrafent deux camées, Ruisselle et se répand sur la table à demi.

Un oblique rayon l'atteint. L'or a frémi. L'étincelle s'attache aux perles parsemées, Et midi darde moins de flèches enflammées Sur le dos somptueux d'un reptile endormi.

Cette splendeur rayonne et fait pâlir des bagues Eparses, où l'onyx a mis ses reflets vagues Et le froid diamant sa claire goutte d'eau ;

Et, comme dédaigneux du contraste et du groupe. Plus loin, et sous la pourpre ombreuse du rideau, Noble et pur, un grand lys se meurt dans une coupe.

CHoAVHil Vn GUE'RJI{n

:-^J\^;jl^^

CmC^SSIE'H.

u Volga, sur leurs bidets grêles, Les durs Baskirs vont arriver.

Avril est la saison des grêles, El les balles vont le prouver.

Ixs neiges ont fini leurs fontes,

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