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L ENFANT DE LA BALLE

Et si l'on avait fait, le soir, le « maximum... » On crut qu'elle serait, à l'aurore, enlevée ; Mais, quand le docteur vint, il dit :

« Elle est sauvée ! »

Et, vraiment, quatre jours après, elle allait micu.x.

Alors tout le théâtre eut un air radieux ; On allait donc enfin revoir la chère absente, Reprendre l'Orpheline! Et la convalescente, Devant tous les acteurs penchés sur ses rideaux, Soulevait doucement le verre de bordeaux Que le bon directeur avait versé lui-même, Et di-jait avec un sourire :

« A la centième ! »

N était très pressé de jouer. Cependant, Avant qu'elle reprît son rôle, on crut prudent De l'envoyer passer huit jours à la campagne. Un riche fabricant de faux vin de Champagne, Sénateur influent, très fort sur le budget, Précisément, depuis quelques mois, protégeait Clorinde, la coquette, et près de Courbevoie Avait construit un nid de verdure et de soie. Où ce législateur abritait ses amours.

Clorinde y mènerait l'enfant pour quelques jours, Afin qu'elle revînt forte et prête à combattre; Et l'on encaisserait encor cinq mille quatre, Le « maximum ! »

Ce fut arrangé; l'on partit.

Le cottage où logeait Clorinde était petit;

Mais un cliarmant jardin, plein de roses trémières. Que le soleil de juin criblait de ses lumières. S'étendait, enchanteur, devant la véranda. On mit là le fauteuil d'Adèle, on l'accouda Dans les coussins, devant cette fraîche nature. Elle n'avait jamais vu de fleurs qu'en peinture, De clartés que le gaz reflété par du zinc. Et s'écria d'abord :

« Tiens ! le décor du « cinq ! »

Mais l'enfant tressaillit bientôt, toute surprise. Un enivrant parfum passait avec la brise, Et le soleil chauffait ses pieds sous son jupon. Elle ferma les yeux, et dit :

« Ah ! que c'est bon ! »

Et, dans ce doux état de langueur étonnée, Elle voulut rester là, toute la journée. Mon Dieu! que c'était beau, que c'était bon, cela! Mais Clorinde, observant ses regards, se troubla D'y voir on ne sait quoi d'inquiétant éclore.

« Rentrons, mignonne. . .

— Oh ! non, dit l'enfant, pas encore ! »

Elle rentra pourtant, quand le couchant pâlit; Mais elle frissonnait en se mettant au lit. L'air pur d'un ciel d'été, la chaleur naturelle D'un jour de juin avaient été trop forts pour elle ; Et, s;ins qu'une lueur de raison reparût, La nuit, elle eut encor le délire et mourut.

Car c'était une fleur à l'ombre habituée. Elle a vu le soleil un jour; il l'a tuée.

LES 'BOUCLES V'0\EILLES

CONTE 1> A R 1 S 1 h N

LrfEvÉh au point du jour, pour Hiirc le chcniin, Vers un hôtel princier du faubourg Saint-Germain Dotit le lierre envahit la porte blasonnc^c, Accourt de grand matin l'ouvrière en journée. Dans le brouillard, parmi les maisons au pied lourd, Qmi» leur pain sous le bras, descendent le faubourg, Ij mignonne ftllette arrive de Plaisance \'.\ traverse, gantée et mise avec décence, La cour au sable frais que son pas fait crier.

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