LES OUBLIEUX
L'enfant disait : « Veux-tu nous enfuir loin du monde?
— « Enfant, ma douce enfant, je veux ce que tu veux ! » Il prenait dans ses mains la chère tète blonde,
Et sur son front rêveur il baisait ses cheveux..
« Ami, courons au bal ! Le bal joyeux m'attire !
'.. Mais non !... Courons au bois sur ton cheval nerveux !
— (( Enfant, ma douce enfant, je veux ce que tu veux 1 >) Et sur sa lèvre folle il Ijaisait son sourire.
Sentiers où leur amour a longtemps voyagé.
Doux nids oii s'abritait leur mutuelle ivresse.
Où donc sont aujourd'hui l'junant et la maîtresse?
— Tous deux sont beaux encore et tous deux ont changé.
SO>\ET Dr RENOrVEAT"
Sous les premiers soleils, comme une coupe pleiue. La verdure déborde au peucliant des- chemins. Le printemps a jeté des roses dans la plaine ;
Ami. nous revifudrons des roses plein les mains.
Aux Ijeaux juurs sont promis de plus beaux lendemains Dans l'azur transpai*ent qu'attiédit son haleine, Avril a i éveillé Eabeille et le phalène : Hn entend bourdonner alentour des jasmins.
Ainsi, rien n'était mort. Tout renaît, ô merveille! Aux mondes d'autrefois le monde s'appareille : Ami. reconnais-tu cette vieille chanson?
La chanson qui vjmdra. jamais la vaudra-t-elle?... — El dans l'air qu'emplissait l'espérance immortelle, Mnule le souvenir, comme une floraison !
LA VIE DE L'AME. lob
Mil