‹ Poésies, 1866-1874Chapitre 24 sur 65 · LES OUBLIEUX · texte numérisé non relu

LES OUBLIEUX

L'enfant disait : « Veux-tu nous enfuir loin du monde?

— « Enfant, ma douce enfant, je veux ce que tu veux ! » Il prenait dans ses mains la chère tète blonde,

Et sur son front rêveur il baisait ses cheveux..

« Ami, courons au bal ! Le bal joyeux m'attire !

'.. Mais non !... Courons au bois sur ton cheval nerveux !

— (( Enfant, ma douce enfant, je veux ce que tu veux 1 >) Et sur sa lèvre folle il Ijaisait son sourire.

Sentiers où leur amour a longtemps voyagé.

Doux nids oii s'abritait leur mutuelle ivresse.

Où donc sont aujourd'hui l'junant et la maîtresse?

— Tous deux sont beaux encore et tous deux ont changé.

SO>\ET Dr RENOrVEAT"

Sous les premiers soleils, comme une coupe pleiue. La verdure déborde au peucliant des- chemins. Le printemps a jeté des roses dans la plaine ;

Ami. nous revifudrons des roses plein les mains.

Aux Ijeaux juurs sont promis de plus beaux lendemains Dans l'azur transpai*ent qu'attiédit son haleine, Avril a i éveillé Eabeille et le phalène : Hn entend bourdonner alentour des jasmins.

Ainsi, rien n'était mort. Tout renaît, ô merveille! Aux mondes d'autrefois le monde s'appareille : Ami. reconnais-tu cette vieille chanson?

La chanson qui vjmdra. jamais la vaudra-t-elle?... — El dans l'air qu'emplissait l'espérance immortelle, Mnule le souvenir, comme une floraison !

LA VIE DE L'AME. lob

Mil

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