‹ Poésies, 1866-1874Chapitre 27 sur 65 · DESSUS · texte numérisé non relu

DESSUS

0 Vierge do Tcmpé le long dn fleuve errante. Approche sans terreur et, sur mon flanc dompte', Assieds le doux fardeau de ton corps enchanté, Et je t'emporterai vers la plage vihrante.

Dans ma cliaude crinière enfouis la clarté Et le frileux trésor de ta gorge tremblante^ Et ton épaule nue, ô fille dWstarté, Et je t'emporterai l;\-l)as, sous l'omltre lente.

Là-bas où le guerrier taille au cœur des buissons

Des flèches pour mon seiil, des rameaux pour ta concliCj

Son ivresse et ma mort! Mais que ta folle bouche

M'eftleure seulement, et, sous les doux gazuii^, Je veux ({ue par mon sang mon ànie s.e révèle. Faisant n;iitre pour toi quel({ue ro^e nouvelle.

DEJAMRE

L'Aiiroro. de nulle routeurs Flagelle les bords de la mie; Sélène, lioiiteusc d'être nue, Fuit derrière les bois songeui's.

Le cbœur des Centaures vengeurs Explore la rive inconnue D'ofi la vierge, clière aux nageurs, N'est pas encore revenue.

Sur le roc, une fîècbe au cœur.

Leur morne compagnon se coucbe Et la mort dot son œil faroucbe :

Durant qu'avec un ris moqueur,

Déjanire pose sa bouclic

Siu' la bouclie de son vainqueur.

IGO LA VIE.

ABSAG

Lt rex David senuerat.

C'est dans le fier troupeau des vierges du Tliabor Qu'ils choisirent Absag qu'aucun présent ne touche :

Celui 4111 11 devait épouser fut Laor,

Qui juM^ues au palais l'accompagua, farouche.

— U iilauihe vierge 1 apporte aux: frissons de ma couche

Le soleil répandu parmi tes clieveux d'or!

Déroule sous mes doigts ce lumineux trésor

Et souffle dans mon sein la chaleur de ta bouche.

.le maudis le somnnil s'il me prend dans tes bras! Je veux, quand du palais demain tu sortiras, Que ma garde te fasse un superbe cortège,

Et (pi'un cercle d"or brille à ton front qui pâlit.

— Que m'importe ! reprit la vierge au corps de neige :

Car Laor va me tuer au sortir de ton lit.

MORITL'Rl TE SALUTAXT

0 toi qui me vainquis à la course rapide, Rivale de Diane, Atalante au pied blanc. Je reste ton vainqueur sous le couteau sanglant ; Car ma honte à la Mort porte un cœur intrt'pide.

Car les dieux ont voulu qu'il naquît de mon sang L'or cruel du laurier qu'attend ton Iront limpide, Et la pourpre qui sur ton épaule descend Se teint au liane vermeil qu'ouvre ta main avide.

Qu'Hippomène triomplie et de ton liuiit dompté

Fasse neiger les fleurs de ta virginité.

Mais le mal d'oublier aux vivants est possible.

Vaincu par toi, la Mort va me faire invin(il)le, Et le fer va elouer mon amour à mon tlanc. Rivale <le Diane, Atalante au ]jied blanc !

162 l.\ vu;.

OP.PHF.?:

C'est ta mort que j'onvio. o doux fils de Linus, Quand les vierges de Thraee aux crinières d'archange, Sous leurs pieds bondissants, — comme aux fêtes du Gange — Vendange épouvantable, écrasaient tes tlancs nus ;

Li-H-Miiic. loukiiit Inii rœiir. leur- lnjaiix jiiL-ds éperdus

Buvaient sur ta poitrine une rosée étrange,

Et qu'.iiix rbaiison> du niivie. — etïroyable vendange, —

Ta iinlilc di.iii- volait sou- l'- tlivr-r- ardu-.

Le regret te vint-il des ebastes promenades

dû ta lyre éveillait béclio silencieux?

A (pioi l»ou de tes eliaiit- beurlcr (!<■- citMix rnaussndes?

Mieux vaut jeter son àine aux (K'>ir> furieux, Tendre sa gorge nue aux ongles des Ménades,

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