‹ Poésies, 1866-1874Chapitre 28 sur 65 · V.^ fnirn (]r <oîi enr|i< la ]iàtuiv <]c'< \)]ou · texte numérisé non relu

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lA VTE DE L'AME. 165

LE FOUET D'ÂMOï II

Laisse rire l'enliml qui t'a blessé le cœur : Ouelqu'aulrc lui rendra le mal dont tu uiuriiiure> Et, toi-même, guéri de tes vieilles blessures, De quclqn'autre, à ton tour, lu seras le vengeur.

Sois sans jjitié. Paieil à la sainte lérule Dont les moines jadis llagellaient leurs dos nus, Le Ibiict de l'amour de main en main circule. Et tous, nous cbàtious des pécliés inconnus.

Quand elle reviendra, gémissante et meurtrie. Tenter si de ses maux ton àme est attendrie; Garde-toi de flécbir et de tendre la main. — Jette-lui le fouet, et passe ton cliemin !

LA LYRE DAMOUU

( J'aime et je yeux chanter, dit le jeune poëte : (I Mon cœur souffre le mal de la langueur secrète, (( Des larmes sans regret, des soupirs sans espoir. u Eiil'aiit. (lonuo ce luth. J";tinie et je veux savoir « Si les chants sont l'oubli des amours insensées! » — Il disait et déjà, sous ses mains cadencées, La lyre frémissait ; mais soudain, s'arrétant : « Vnc corde. dit-iL iiiau(|ue à ton luth, enfant ; « Six n'ont jamais doimé qu'une vaine harmonie : « Il en faut sept. — Kli bien, o mon pauvre génie, <( Ton luth veut pour vibrer sous les doigts du chanltur, (( La plus saignante libre arrachée à ton cœur. i>

LA VIE DE LAME. 'I^l

âCtAR

Ilermione, Camille, Agrippine, Emilie, Évoquant, dans la nuit, ses héroïques sœurs. Sous leurs masques divins, savamment elle allie D'étranges cruautés à d'étranges douceurs.

Comme un cygne blessé par de lointains chasseurs,

Quelque flèche des cicux à jamais l'a pâlie.

Et c'est au « soleil noir de la Mélancolie »

Que ses yeux fiers ont pris des rayons obsesseurs. .

Ceux même qui criaient, Rachel étant perdue : Tout est mort î dans sa gloire au tombeau descendue, La Yestale a brisé sa lampe sur le seuil !

Ont senti quelque espoir refleurir sur leur deuil. Quand Agar nous rendit, sous leurs traits ennoblie, Ilermione, Camille, Agrippine, Emilie.

i66 l\ VU.

TAILLAliK

Le geste est saccade, l'œil latal. la voix brève, La douleur ironique et le rire nerveux; Et c'est comme un frisson quand le souffle du rêve, Sans dérider son front, passe dans ses cheveux.

Inflexible béros de tout ib'ame faroucbe, C'est le prince maudit, l'amant désespéré: L'àme du vieux Shakespeare a passé par sa bouche Où le vers de Racine expire déchiré.

Plein (11' l'àprc muu i de la >iliylK' antique, Cest l'attente du Dieu qui règle ses fureurs; Et. faite d'imprévu, sa verve romantiipie, Sail d'un rùle eilravaut varier les terreurs.

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