‹ Poésies, 1866-1874Chapitre 38 sur 65 · A L ARC DE TRIOMPHE · texte numérisé non relu

A L ARC DE TRIOMPHE

Sentinelle héroïque, ô grand arc solitaire.

Toi qui veillais au seuil de la grande cité,

Quand leurs pas, sous ton pied, vont ébranler la terre,

Garde bien Ion silence et ta sérénité.

0 toi qui te fermais, ainsi qu'une paupière, Sur les soleils couchants de nos jours radieux, Garde bien que quelqu'un de tes grands morts de pierre Tout à coup se réveille et blasphème les dieux!

Dans le granit où Rude enferma ta pensée, 0 sainte Marseillaise, étreins ton dernier cri ; Et vous, témoins sacrés de la gloire passée, Ne dites pas encor : Tout honneur a péri!

Si le Ciel a pitié de la Reine du monde, A ces jours de douleur pour assurer l'oubli,

Il voilorn ton front d"nne brunie profonde Et tn rappelleras Lazare enseveli.

One du même lineenl il voile notre lace,

A nous dont la fortune a trahi la fierté,

Qu'il accorde à nos yeux la nuit et qu'il nous fasse,

Comme tes vieux soldats, ombre, immobilité!

Jusqu'au jour où, >eul Dieu qui donne la lumière, Puissante })ar le glaive et forte par la Loi. La Liberté, pareille à l'Aurore première. Crie à Paris vaincu : Lazare, éveille-toi!

LA VIE DE L AME. l'Jl

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