‹ Poésies, 1866-1874Chapitre 39 sur 65 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

LR LES MAIX DK LA PATRIE

Lorsque, chassé îles cieux de la Gloire iiieuilrie. Les deux mains sur lu tVoiil, j'en descends les degrés* Je n"ai jdus d'antres deuils ({ue les tiens, ô Patrie ! Et mes yeux n'ont de pleurs que pour tes maux sacré:

Tu fus l'astre vivant dont la chaleur féconde.

L'œil du ciel grand ouvert sur les conseils humai n>:

Un soleil emplissait ta paupière profonde

Et mesnrait aux jonrs l'espoir des lendemains.

Tu fus l'arhre grandi sous l'aurore première, Le vieux cep où nuu'it ranti(|uc liberté ; El tu lis de tes seins, tendus \ers la lumière. La coujjc immense où vint boire l'humanité !

Tii lus le sang vermeil qui rouhi. sous la terre, L'héroïque ferment des saintes passions; Et, soulevant les monts, ouvris,, comme un cralcie, La formidable flem* des révolutions!

Tu jetas le trésor des charnelles semailles Aux siècles épuisés qu'il falhiit rajeunir. Comme Toiseau qui donne à son nid ses entrai lie: I Le ton flanc déchiré tu nourris l'avenir.

Tes fils furent l'honneur de l'humaine lignée Où, des Titans vaincus la fierté se défend, Le> bûcherons vaillante dont la sainte cognée Fit jaillir l'Idéal sous le fer triomphant.

Astre d'or, coupe dor, France, mère des justes. Des braves et des forts tombés dans ton linceul, Nous sommes nés trop tard, puisqu'il tes mains auguste: -Nos lèvres n'ont porté qu'un ^anglJt lent et seul!

Pui-(pi*il faut juxju'au b.»ut vaincre notre superbe, Répi imer, dans nos cœurs, les espoirs supeiilus, Fi fouler, sous nos pieds, avec la terre et l'herbe. L'impérissable orgueil des grands jouis révolus,

Ne porte plus aux mers, Seine, reine des fleuves, Le spectre évanoui des triomplies lointains. Mais, vers le Simoïs, rejoins les pleurs des veuves. — Andromaque et la France ont les mêmes destins!

Le poids des souvenirs courbe nos tètes nues. Le faite des palais sur nous s'est affaissé. Comme un troupeau, parmi les routes inconnues. Nous marchons confondus dans l'ombre du passé.

Car, prisonniers "d'un sol qu'a déserté votre âme. Aïeux dont la lierté tomba, dernier rempart, Nous sonnnes, fils rompus d'une innnortelle tianie Un peuple d'exilés qu'oublia le départ.

Et pourtant, nul de nous ne fuit la gloire amère De [)orter haut ton nom sous tes soleils éteints, El tous nous demeiu'ons, o Pairie, o ma mère. Fidèles sans retour à tes pires destins!

TABLEAUX ET P A Y S A 0 E r

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