LA NEIGE
Un dirait que la Terre a bu le saiiir des lis Et d'nu deuil éclatant voile eelte hécatombe; Car déjà la blancheur des marbres clôt la tombe Où dorment pour longtemps ees doux ensevelis.
Je t'adore, ô pâleur des vierges trépassées Dans réblouissement des rêves amoureux, Emportant dans l'azur les essors douloureux De leur âme pareille aux colombes blessées !
Quel vent a flagellé l'aile que tu parais,
Doux et flottant duvet tombé du vol des anges,
Et secoué dans l'air tes floraisons étranges
(jiii l'ont comme un printemps à riiibernal cyprès 1
Les cygnes se sont-ils heurtés contre la nue, Cherchant auxcieux l'azur de leurs grands lacs fermés? — Ou Psyché, renouant ses voiles parfumés, De ses jeunes candeurs s'est-elle souvenue ?
On dirait que la Terre a pitié de nos morts. Et, Vierge devenue au toucher de la neige, Suspend des floraisons le travail sacrilège Dans ses tlancs qu'au repos invite le remords.
0 Neige! tu m'étreins le front sous le mystère De ta froide splendeur et, comme épouvanté, Je pense que, des cieux déchus de leur clarté, Le lait d'une déesse a coulé sur la terre.
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YIII