‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 11 sur 141 · L. van Beethoven, op · texte numérisé non relu

L. van Beethoven, op

Funèbre, sous le ciel de jacynthe, la théorie s'avance au bord du Fleuve qui jadis roula dans ses eaux mythiques la tête coupée d'un Orphée.

D'un geste lent, le Coryphée dirige les hymnes lents auxquels semble répondre, dans le lointain, la gémissante forêt des lauriers aussi touffus que ceux du Pénée.

Puis le chœur se tait. Une voix souveraine s'élève, monte si haut dans le ciel que, de son char royal, Phébus aussi se penche pour la boire;

Tandis qu'au sommet de l'Azur, emporté sur le tourbillon vocal, se déifie l'esprit visible de l'Ephèbe.

QUOUSOUE EADEM?

(Sonnet.)

Oh, cessez. La musique me lasse. Jvai le dégoût du rêve comme d'un breuvage trop facile. Aucune magie ne me rendra ce que j'ai perdu.

Avec quelle anxiété le jouvenceau s'essouffle à courir après l'amour, après la fortune! La femme, encore qu'elle ait ses phases comme la lune, est toujours la même, soit brune, soit blonde.

Étés, automnes, hivers, printemps, ô constante vicissitude, heures jamais finies, quelle lassitude me prend, lorsque je pense à vous!

ô l'indicible lassitude d'avoir toujours sur sa tête le ciel clément et inclément! Qui pourra me donner une volupté nouvelle, un spasme nouveau?

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