‹ Poésies, 1878-1893Chapitre 129 sur 141 · LA PAROLE · texte numérisé non relu

LA PAROLE

(Sonnet.)

Parole que l'amour, de sa bouche harmonieuse, me verse comme des onguents et des parfums; Parole qui, en sifflant, jaillis de la haine comme le caillou de la fronde ;

Seule vertu qui élève nos esprits au-dessus de la chair impure et les enivre de clartés; ô Parole, semence indestructible dans les cœurs, chose mystique et profonde ;

Je connais bien ta nature et ton mystère, et la terrible force que tu renfermes en toi, et la suavité pieuse que tu répands ;

Mais puisses-tu devenir par moi le plus grand d'entre les grands fleuves, et, limpide, porter jusqu'au centre de la Vie ma pensée !

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