AU POÈTE GIULIO SALVADORI
(EN RELISANT HOMÈRE) (Sonnels.)
Mes vœux sont contentés. La mer, divine gardienne, ondule devant ma porte. Elle chante, grave et suave : son chant a une vertu inconnue sur l'homme qui l'écoute.
Ainsi qu'un troupeau, lentement, de degré en degré, les oliviers descendent vers la plage courbe; à l'approche de midi, la bonne forêt se plaît à mirer sa chevelure dans l'eau calme.
Mes vœux, ô ami, sont contentés. Homère convient aux heureux loisirs : sa voix ne le cède pas même au grand chœur marin.
Tel que le Soleil dans les hauteurs sereines des airs, et aussi resplendissant, Achille s'avance le long du rivage dans sa cuirasse toute d'or.
Vainement, vainement, parmi les colonnades en marbre de Paros que construisit mon rêve de luxe et de volupté, les vivantes statues continuent à rire. — 0 printemps sacrés
De l'art antique, ô grandes et solitaires forêts de poèmes où, radieux, passent en troupe les héros, faites, je vous en prie, que dans l'aride barbarie de notre âge resplendisse à ma pensée
Votre lumière! — Trop longtemps, dans un malsain artifice de sons, j'ai poursuivi les perfides fantômes de l'amour.
A cette heure, un lucide sentiment de grandeur humaine s'empare de moi : car j'ai de nouveau entendu cliqueter dans le vers les armes du Péléïde.