‹ Poésies, 1888-1892Chapitre 12 sur 66 · GRAINE DE POETE · texte numérisé non relu

GRAINE DE POETE

G%^4ICME T)E TOUTE

1 L pleut. Un joyeux cliquetis Entre par ma fenêtre ouverte, Et je rêve de nids blottis Sous l'épaisse frondaison verte.

Je les vois remplis jusqu'au bord D'oisillons tout nus qui se pressent Pour avoir chaud, et qui d'abord Au moindre bruit d'ailes se dressent,

3° LA BONNE TERKE

Tendant, leurs cous démesurés, Leurs pauvres yeux fermés encore, Et leurs grands gosiers empourprés, Vers la becquée et vers l'aurore...

Puis j'aperçois, parmi les joncs, Dans l'herbe haute et ruisselante, D'où les crapauds font des plongeons Vers la mare jaune et grouillante,

Un âpre fils de paysans, En sabots et les jambes nues, Rire aux lèvres, les yeux luisants Sous l'averse crevant des nues.

Bergers et bêtes sont rentrés, Tout semble dormir dans la ferme; Mais le gars va vers les fourrés :

Ce n'est pas lui que l'on enferme!

L'eau dégoutte de son chapeau, Dans son sarrau le vent se joue, Il est trempé jusqu'à la peau, Ses cheveux collent sur sa joue.

Que lui font la pluie et le vent?

Son cœur est brûlant sous sa blouse, Et les gouttes sur lui pleuvant Sont des perles dans la pelouse.

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