‹ Poésies, 1888-1892Chapitre 26 sur 66 · NOTRE BASTIDE · texte numérisé non relu

NOTRE BASTIDE

— Oh! seulement d'un petit coin Qu'on pourrait couvrir au besoin Avec un grand mouchoir de poche.

— D'accord ! — Où rien ne poussera, Et qui, sans doute, ne vaudra

Que par la mer dont il est proche...

— Tel qu'il est, tu l'aimes pourtant; Et ton cœur, en secret content D'une acquisition pareille, Rêve déjà d'y voir grandir, Et tous les printemps reverdir, Large figuier et blonde treille.

« Et quelle treille! De ces plants Aux grains ambrés et succulents Dont fait son collier ta Provence, Et d'où jaillit ce vin vermeil Qui rallume en nous le soleil Et le pays et la jouvence!... »

— « Et toi, Marguerite, à ton tour Tu te prends d'un subit amour Pour la pauvre vieille nourrice, Ht tu veux, pour te recevoir, Qu'elle fasse tout son devoir, Et que ce coin de roc fleurisse !

« Qu'il ait des reines de ton nom, Des roses, mousseuses ou non, Des dahlias aux fleurs sanglantes, Des bleuets comme en ont nos blés, Bref, dans un arpent rassemblés, Les trésors du Jardin des Plantes!...

a Fleurs et fruits! — Et ce n'est pas tout! Nous aurons un bassin au bout, Dites-vous, toujours plein d'eau vive; Ht sur les églantiers du fond, Ainsi que les pavsans font, Nous sécherons notre lessive.

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