SUR L AXE I
Gravit pas à pas le versant
Que pas à pas Touret descend.
Pauvre Touret! De l'ombre épaisse
Où tout le jour il s'est caché,
Ayant manqué même la messe,
— Gros péché sur l'autre péché, —
Il a pu le voir et l'entendre
L'effroyable charivari
Où deux cents raillards bons à pendre
De sa mésaventure ont ri.
Et maintenant, la tête basse,
Le long des seigles roux où passe
Un petit vent frais et furtif,
Il chemine de l'air craintif
D'un chien battu demandant grâce.
Il se dit que ce soir, tandis
Que Joseph et ses gais bandits
Au cabaret fêtent sa honte
Et font ténèbres sur son compte,
Au seuil du logis déserté
La Tourette, l'œil irrité,
Lève encore sa longue gaule;
Et, plus tremblant que la moisson,
Il sent comme un vague frisson
Lui courir des reins à l'épaule.
1 So VOIX RUSTIQUES
LE tPOI%IEfI{.
est un vieux poirier au tronc vigoureux, Aux loties bras tendus vers l'azur qu'ils crèvent, Abri du chasseur et des amoureux, Où le premier tue, où les autres rêvent.
Gros bouquet rustique à la tin d'avril. Il attire à lui des essaims d'abeilles, De chardonnerets au léger babil, lit de doux 1 i nots aux gorges vermeilles.