‹ Poésies, 1888-1892Chapitre 48 sur 66 · SUR L AXE I · texte numérisé non relu

SUR L AXE I

Gravit pas à pas le versant

Que pas à pas Touret descend.

Pauvre Touret! De l'ombre épaisse

Où tout le jour il s'est caché,

Ayant manqué même la messe,

— Gros péché sur l'autre péché, —

Il a pu le voir et l'entendre

L'effroyable charivari

Où deux cents raillards bons à pendre

De sa mésaventure ont ri.

Et maintenant, la tête basse,

Le long des seigles roux où passe

Un petit vent frais et furtif,

Il chemine de l'air craintif

D'un chien battu demandant grâce.

Il se dit que ce soir, tandis

Que Joseph et ses gais bandits

Au cabaret fêtent sa honte

Et font ténèbres sur son compte,

Au seuil du logis déserté

La Tourette, l'œil irrité,

Lève encore sa longue gaule;

Et, plus tremblant que la moisson,

Il sent comme un vague frisson

Lui courir des reins à l'épaule.

1 So VOIX RUSTIQUES

LE tPOI%IEfI{.

est un vieux poirier au tronc vigoureux, Aux loties bras tendus vers l'azur qu'ils crèvent, Abri du chasseur et des amoureux, Où le premier tue, où les autres rêvent.

Gros bouquet rustique à la tin d'avril. Il attire à lui des essaims d'abeilles, De chardonnerets au léger babil, lit de doux 1 i nots aux gorges vermeilles.

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