PLEUREUSE I
TLEU%EUSE
i/4 mon ami C. 'Babolcne.
v y petite chouette grise, Oiseau mélancolique et doux, Que mon plomb brutal a surprise Promenant tes jeunes hiboux,
Et qui, saignante et pantelante, Dans mes doigts sur ton cou serrés Es morte d'une mort si lente Sous les vieux châtaigniers dorés !
Toi qui, depuis longues années, Nichais dans le même arbre creux, Et de tes plaintes alternées Effarouchais les amoureux,
Mais berçais l'âme endolorie Dont la nuit accroît le chagrin, Ou l'âme pieuse qui prie, Seule sous le grand ciel serein ;
Toi le véritable poète Des combes et des lieux déserts, Comme la grive et l'alouette Le sont des cimes et des airs;
Toi qui souvent, quand nos paupières Se referment lourdes de pleurs, Debout encore sur les pierres Qui du champ des morts sont les fleurs,
Veillais, pleureuse intarissable Protestant contre nos oublis, Sur ceux que la glaise et le sable Ont pour toujours ensevelis;
Du fond des régions douteuses Où survit l'aine des oiseaux, Vole encore aux clartés laiteuses Dont le soir baigne nos coteaux,