‹ Poésies, 1888-1892Chapitre 60 sur 66 · FLEUR-DE-NEIGE · texte numérisé non relu

FLEUR-DE-NEIGE

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/liNsi surnommait-on la superbe héritière Des fermiers de Saint- Jean-le-Froid du Lévézou, — Blonde et fine, à la fois très douce et très altière, Rose, ou, comme l'on dit dans nos pays, Rouzou.

Elle naquit un jour de splendeur idéale Où la neige et le givre aux baisers du soleil Se teintaient doucement de pudeur virginale, Et l'on eût dit un lis légèrement vermeil.

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Elle n'aima jamais que les blancheurs sans tache, Foula «.le ses pieds nus l'hermine des hivers, — Triste quand l'avalanche, en avril, se détache Des coteaux qui six mois vont redevenir verts.

Alors elle courait aux cascades fumantes

Dont la neige fondue avait grossi la voix,

Se plongeait tout entière en leurs eaux écumantes,

Avec un rire clair que répétaient les bois;

Guettait la floraison des blés noirs dans la plaine, Des narcisses parmi les grands prés odorants, Et, par flottes poussés d'une invisible haleine, Les nuages de grêle au fond des deux errants;

Et très souvent aussi, de ses vagues prunelles Q.ue ne retenaient plus les champs roux et brûlés, Contemplait longuement les neiges éternelles Des monts pyrénéens aux pics immaculés.

Aussi chaste du cœur que des yeux, et rebelle A tout propos impur, à tout spectacle bas, Lorsqu'un bouvier lascif murmurait : « Qu'elle est belle! Elle passait, rêveuse, et ne l'entendait pas;

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