‹ Poésies, 1888-1892Chapitre 7 sur 66 · LE REVEIL DES EAUX · texte numérisé non relu

LE REVEIL DES EAUX

Tu verras le clocher planté sur la colline Se mirer longuement dans tes eaux renversé, Et sur le vert coteau qui jusqu'à toi s'incline La place où sur ma mère, hélas! l'herbe a poussé.

Sous les poiriers en fleurs où l'abeille bourdonne, Tu verras quelquefois mon père en cheveux blancs, Qui rêve, qui travaille encore et qui chantonne Ses vieux airs favoris si tristes et si lents.

Près de là, des enfants échappés de l'école Grimperont dans le chêne où je grimpais jadis; Et les filles du bourg à la langue un peu folle Jaseront au lavoir où je les entendis.

Dans les airs embaumés, tout pleins de frissons d'ailes, Pâques égrènera ses joyeux carillons, Et le flot qu'en buvant rident les hirondelles Caressera la berge où chantent les grillons.

Rien ne manquera donc à ce frais paysage

Dont j'évoque toujours le souvenir pieux,

— Que ma mère dans l'herbe assise, et moi, bien sage,

Mon front sur ses genoux et mes yeux dans ses yeux.

LA BONNE TEKRi;

GiA(liT>nUSE D'OIES

.La quenouille dans les mains, Elle va p.ir les chemins,

Accorte, alerte et proprette, Menant paître six oisOUS

De la couleur des gazons

OÙ pointe la pâquerette.

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