VILLA DES TAMARIX
kA mademoiselle Lucie f\Calol.
x\ u déclin sur la mer, à trois ou quatre lieues Des côtes, le soleil derrière Cordouan Tombe... et comme à regret, dans les flots s' échouant, Jette son feu de pourpre au miroir des eaux bleues.
Mais, à rapide vol, de très loin accouru Dans le rayonnement de l'heure solennelle, Un goéland qui plane a déployé son aile Sur le globe qui sombre à moitié disparu.
Le grand oiseau de mer se demande peut-être (Quand le soleil se noie à l'horizon lointain) Si le flambeau du monde est pour jamais éteint, Ou si l'astre qui meurt tôt ou tard doit renaître.
LA MARE ENCHANTEE
oi madame oindre Tbeuriet.
\~) a M s l'antique forêt, sombre, du haut Poitou Qui fut par nos anciens druides fréquentée, Profondément sommeille une mare enchantée... Le plus vieux bûcheron du pays ne sait où.
Dans l'antique forêt, dont le tour a sept lieues, On ne reconnaît plus les routes d'autrefois... C'est au soleil couchant que dorment les eaux bleues, Comme un miroir perdu dans un ravin des bois.
Sous les touffes d'iris, de menthe et d'eupatoire, Qui regardent en paix leurs bouquets si charmants, Enivrés de parfums, bien des couples aimants Dans la chaleur du jour, deux à deux, y vont boire :
Les ramiers roucoulants, les daims et les chevreuils, Tout surpris en voyant leur image apparaître, Et, queue en éventail, de petits écureuils, Tombant comme l'oiseau d'un vieux chêne ou d'un hêti
Même on dit qu'autrefois, heureuse en s'y baignant Sous le rosier sauvage et les fleurs d'aubépine, La Dame aux cheveux d'or ayant nom Mélusine Quittait, par un beau soir, sa tour de Lusignan.
Laissant tomber sa robe à grands plis étoffée, Et n'ayant pour témoins que des regards d'oiseaux, De son pied nu la belle interrogeant les eaux, Y plongeait en riant son divin corps de fée.
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