ANNIVERSAIRE
*A Gustave tSCerltt.
1»1a grand' tante mourait à quatre-vingt-trois ans, En hiver... On creusa la fosse dans la neige... Et de riches fermiers et d'humbles paysans Vinrent silencieux se joindre au long cortège.
42 FLEURS nu SOIR
Son portrait m'est reste dans un cher médaillon, Portrait du temps jadis, peint sur feuille d'ivoire Des grands yeux purs jaillit un lumineux rayon Qui pénètre les cœurs où veille sa mémoire.
Elle était jeune alors, en robe de printemps, Robe d'étoffe ancienne à merveilleux ramage, Sa toilette de bal... Elle avait dix-sept ans... Je la regarde... et baise en pleurant son image.
Comme un éclair de nacre on entrevoit les dents. Le cou, blanc comme un lys, sort d'un flot de malines, Et dans les cheveux noirs, lustrés et débordants, Le peigne d'or enchâsse un rang de perles fines.
Elle entre en souriant dans un monde enchanté, Portant comme ceinture un long ruban de moire. Elle s'épanouit dans toute sa beauté, Comme une fleur d'avril éclose dans sa gloire.